Rome: Benoît XVI se confie sur des sujets sensibles
Rome, 12 novembre 2010 (Apic) La pédophilie, le célibat des prêtres, la contraception, l’infaillibilité pontificale ou encore l’éventualité d’un nouveau concile sont quelques-uns des sujets délicats sur lesquels Benoît XVI se confie à son compatriote, le journaliste Peter Seewald. «La lumière du monde», un livre inédit et très attendu, paraîtra le 24 novembre.
Cet ouvrage inédit sera publié 4 mois après la série d’entretiens que Benoît XVI avait accordée au Bavarois Peter Seewald, dans sa résidence estivale de Castel Gandolfo, du 26 au 31 juillet dernier. Il sortira en allemand, aux éditions Herder, en anglais chez Ignatius Press, en italien à la Libraire éditrice vaticane, en français chez Bayard. De par le monde, de nombreuses autres maisons d’édition ont voulu participer à cet événement littéraire. Il est par exemple déjà possible de commander cet ouvrage sur le site de vente Amazon.
Le titre de l’ouvrage, «La lumière du monde», fait référence au premier livre d’entretiens réalisés entre le cardinal Joseph Ratzinger et Peter Seewald, au milieu des années 1990, et intitulé «Le sel de la Terre». Selon le site internet de la maison d’édition en charge de la version anglaise, les nombreuses questions, très précises et concrètes, portent notamment sur la sexualité, y compris dans le clergé, mais aussi sur le comportement de l’Eglise face aux affaires de pédophilie. Le problème de la communion des catholiques divorcés et remariés est aussi évoqué.
Une autre partie de «La lumière du monde» est consacrée à des problématiques plus générales comme l’unité des chrétiens, le dialogue avec l’islam et les orthodoxes, l’éventualité d’un Concile Vatican III ou encore le relativisme.
Enfin, on trouve dans ce livre une série de questions plus personnelles. L’auteur demande ainsi au pape s’il a jamais envisagé de démissionner, s’il peut réellement parler au nom du Christ ou se proclamer infaillible.
Dans son édition du 12 novembre, l’hebdomadaire italien Panorama révèle que personne, au sein de la curie romaine, n’aurait eu connaissance du manuscrit allemand, si ce n’est le cardinal William Joseph Levada, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, homme de confiance de Benoît XVI.
Panorama publie aussi un extrait de cet ouvrage, où le pape dresse le portrait-robot de l’Eglise: «Nous ne sommes pas un centre de production, nous ne sommes pas une entreprise vouée au profit, nous sommes l’Eglise. Nous sommes une communauté de personnes qui vit dans la foi, dont la tâche n’est pas de créer un produit ou faire de bonnes ventes».
Sur internet, il est possible de trouver une critique de ce livre, de la main de l’archevêque de Denver, Mgr Charles Chaput. Le capucin juge la lecture de ce livre «obligatoire pour tous ceux qui s’intéressent à l’avenir de l’Eglise». Dans cet ouvrage, issu une nouvelle fois de «l’alchimie personnelle et professionnelle extraordinaire entre Peter Seewald et Joseph Ratzinger», Benoît XVI apparaît comme «un homme d’une foi et d’une intelligence profondes, mais aussi d’une simplicité désarmante et désireux d’affronter chaque problème avec franchise et sans rancœur», poursuit l’archevêque de Denver.
Pour sa part, Peter Seewald se dit frappé par la bonté et la disponibilité du pape. Interrogé en octobre dernier lors de la Foire du livre de Francfort (Allemagne), le journaliste a prédit que tout le monde sera surpris de rencontrer un Joseph Ratzinger aussi «disponible et ouvert» (apic/imedia/cp/nd)
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