Le président français doit assumer ses responsabilités à la tête du G20
Abidjan, 14 novembre 2010 (Apic) Le Symposium des Conférences Episcopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM) et le Conseil des Conférences Episcopales d’Europe (CCEE) ont interpellé ce week-end le président français Nicolas Sarkozy, qui assume désormais la présidence du G20. Ils rappellent que l’enjeu des débats du G20 ne se limite pas à sauver des monnaies et les ressources financières des pays riches, car il faut penser à ceux qui n’ont pas accès à la croissance des économies fortes.
Le SCEAM et le CCEE ont organisé un séminaire à Abidjan sur le thème «Nouvelle situation de la mission Ad Gentes. Echange de prêtres et d’opérateurs pastoraux – Formation – Vocations» qui s’est achevé dimanche 14 novembre dans la capitale ivoirienne. A cette occasion, ils ont adressé un message au nouveau président du G20.
«Sensibles à l’importance humaine des choix économiques, qui nous préoccupent tous à la suite de la crise mondiale, écrivent les évêques, nous tenons à souligner que l’enjeu de ces débats ne se limite pas à sauver des monnaies et les ressources financières de nos pays, mais doit conduire à des engagements fermes et sincères pour soutenir les hommes et les peuples qui n’ont pas accès à la croissance des économies fortes».
Le CCEE et le SCEAM, réunis à Abidjan du 10 au 14 novembre, au moment même où les vingt puissances économiques et politiques les plus importantes du monde se concertaient à Séoul, se disent conscients de l’importance des décisions communes du G20 pour l’avenir de la paix du monde. «A la suite du pape Benoît XVI», ils souhaitent que tous aient le courage de prendre la mesure de leurs responsabilités «pour un authentique développement de l’homme sur toute la terre».
Evoquant les développements exceptionnels qu’ont connus récemment maints pays émergents d’Asie et d’Amérique, ils estiment que cette chance peut être donnée à d’autres pays «qui sans cela seront abandonnés à une concurrence anarchique, source de chômage, de corruption et de trafics des plus dégradants, spécialement en Afrique».
Par ailleurs, des pratiques de prédation et d’une exploitation sauvage des ressources naturelles dépossèdent les économies traditionnelles de leurs possibilités de développement, constatent les évêques africains et européens dans leur communiqué. «Maintenir une part de l’humanité en état d’appauvrissement, de dépendance et de désespoir, c’est accumuler à moyen terme des sentiments de frustration mettant en danger la solidarité, la justice et la paix. La liberté religieuse et les libertés de conscience ne doivent pas être étouffées par des pratiques de croissance uniquement déterminées par la recherche du profit et de la rentabilité matérielle. Le respect des Droits de l’Homme n’est pas négociable pour des intérêts politiques ou idéologiques», conclut le message signé notamment par le cardinal Josip Bozanic, archevêque de Zagreb et vice-président du CCEE, et le cardinal Théodore Adrien Sarr, archevêque de Dakar et premier vice-président du SCEAM. (apic/com/ccee/be)
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