Le Conseil chrétien de Chine pourrait perdre en importance
Hong Kong, 15 novembre 2010 (Apic) L’évolution de la composition du christianisme chinois tend à rendre moins important le Conseil chrétien de Chine, affirme le chef de l’Eglise luthérienne de Suède.
«D’après moi, en Chine, les paroisses constituent une force de plus en plus importante et le Conseil chrétien de Chine (CCC) – organisme officiel sanctionné par le pouvoir – est un élément clé pour être en contact avec le gouvernement», a déclaré l’archevêque Anders Wejryd à l’agence d’information œcuménique Eni. «Mais les choses peuvent aussi changer et le CCC pourrait perdre de son influence», a-t-il relevé. Certains observateurs ont récemment fait remarquer que l’augmentation de la taille et du nombre des paroisses protestantes en Chine est susceptible d’amoindrir le rôle du Conseil chrétien en tant qu’organe coordinateur des Eglises.
Si le CCC venait à perdre en importance, a expliqué l’archevêque Wejryd, il serait crucial que les protestants de Chine disposent d’une solide théologie de l’Eglise, ce que la tradition chrétienne appelle ecclésiologie. «Il est important d’avoir une ecclésiologie si l’on n’est plus liés ensemble par les règles de l’Etat», a déclaré l’archevêque. Anders Wejryd a ajouté que même si les paroisses locales sont dynamiques, il faut prendre conscience qu’»une paroisse ne saurait être l’Eglise tout entière». Il a indiqué: «Pour qu’une Eglise se développe normalement, il faut une forme de surveillance et même une surveillance mutuelle.»
Avant sa visite en Chine continentale du 7 au 14 novembre, quand on a demandé à l’archevêque s’il évoquerait la question des droits de la personne, il a déclaré: «Nous encourageons bien sûr l’Eglise à avoir cette perspective. Dans nos Eglises, chez nous, en Europe, les questions relatives aux droits de la personne sont très importantes.»
L’archevêque Wejryd a emmené une délégation de huit membres de son Eglise en Chine. Le groupe a visité le Séminaire théologique de Chine orientale, à Shanghai, le Séminaire théologique de l’union, à Nankin, ainsi que le Centre de formation de Zhoukou, dans la province du Henan.
Le Conseil chrétien de Chine a été fondé en 1980 pour rassembler les paroisses locales, qui venaient de rouvrir après leur fermeture forcée pendant la révolution culturelle chinoise, de 1966 à 1976, quand l’expression de la vie religieuse était de fait interdite. Les Eglises mères avaient disparu à la fin des années 1950, lors d’une autre période de l’histoire du pays, appelée «grand bond en avant».
Le CCC soutient les Eglises locales et assure l’éducation théologique et la publication de la Bible, des livres de cantiques et d’autres ouvrages religieux. Néanmoins, le CCC se décrit comme un organisme «post-dénominationnel» et, selon les analystes, il n’est lié à aucune conception particulière de l’ordre ecclésiastique, contrairement aux dénominations traditionnelles.
Le Conseil chrétien de Chine estime à 18 millions le nombre de protestants en Chine, mais selon certains analystes, beaucoup d’autres chrétiens font partie d’Eglises «de maison», c’est-à-dire des Eglises non déclarées. (apic/eni/fw/amc)
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