Rome: « Des hommes et des dieux » prouve la nécessité du dialogue avec l’islam, selon le cardinal Tauran
Rome, 16 novembre 2010 (Apic) « Des hommes et des dieux », le film à succès du Français Xavier Beauvois racontant la fin tragique des moines de Tibhirine (Algérie) en 1996, prouve « la nécessité de continuer et d’approfondir le dialogue interreligieux », a confié le cardinal Jean-Louis Tauran à l’agence à Imedia. Le président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux a assisté à une projection privée, organisée le 15 novembre, au Centre culturel Saint-Louis-de-France. Il était accompagné d’une demi-douzaine d’autres cardinaux de la curie romaine et des membres du corps diplomatique auprès du Saint-Siège.
Le cardinal Tauran s’est dit troublé et remué par ce film qui représente à ses yeux « un hymne à la liberté et à la fraternité », tellement les moines de Tibhirine sont des hommes libres. Ce film « prouve la nécessité de continuer et d’approfondir le dialogue interreligieux », a-t-il déclaré. Le cardinal français a aussi rappelé que le dialogue interreligieux n’était pas une tentative de conversion, mais bien « une proposition, un témoignage de charité chrétienne fait avec justice, bonté et délicatesse ».
Egalement présent à cette projection, le président du Conseil pontifical Cor Unum, Mgr Robert Sarah, a aussi jugé que ce film encourageait les religions à être toujours plus en dialogue et l’Eglise à comprendre ce qu’il y a de positif dans l’islam. « Des hommes et des dieux » peut permettre d’encourager le dialogue interreligieux, « un dialogue très délicat », a insisté le futur cardinal pour qui il s’agit aussi « d’un enseignement sur la radicalité du choix religieux, de ce choix pour Dieu et le peuple que l’on veut servir ». Le prélat guinéen y a finalement vu « une véritable catéchèse sur la vie religieuse ». « Des hommes et des dieux » est un très beau film, a brièvement commenté pour sa part Mgr Dominique Mamberti, secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats.
Voyant ce film pour la première fois, le père Jacques Brière, père abbé du monastère cistercien de Tre Fontane, à Rome, a jugé qu’il reflétait bien la vie de ses frères moines de Tibhirine et la communion à laquelle ils étaient parvenus dans l’épreuve, avant leur enlèvement. « J’ai une extrême reconnaissance pour le metteur en scène qui respecte notre vie monastique », a-t-il encore confié.
« Ce film peut aider les gens à s’interroger sur le sens d’une vie donnée à Dieu », a commenté pour sa part le père Thomas Georgeon, abbé du monastère de Frattocchie, au Sud de Rome. Ce dernier y a seulement regretté l’absence de référence à l’Eglise d’Algérie.
Avant la projection, Stanislas de Laboulaye, ambassadeur de France près le Saint-Siège, avait brièvement présenté ce film « d’une grande pureté qui évoque la vie des moines dans leur humanité et, paradoxalement, leur héroïsme ». Le diplomate français, à l’origine de cette projection privée, a aussi jugé que l’œuvre vue dans l’hexagone par plus de 3 millions de personnes était devenue un véritable phénomène de société. (apic/imedia/ami/nd)
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