Suisse: Chrétiens persécutés en Irak, la FEPS interpelle le Conseil fédéral

Les Eglises protestantes de Suisse demandent une intervention de l’ONU

Berne, 17 novembre 2010 (Apic) La Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) a demandé mercredi le soutien du Conseil fédéral pour les chrétiens persécutés en Irak. Dans une lettre à la conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey, la FEPS demande des mesures en faveur des minorités chrétiennes dans ce pays où elles sont décimées par des attentats qui les poussent à chercher refuge à l’étranger. Les Eglises protestantes de la Suisse demandent une intervention de l’ONU et plaide pour un accueil en Suisse d’un contingent de réfugiés irakiens.

Le Conseil de la FEPS se déclare dans son message à la ministre des Affaires étrangères Micheline Calmy-Rey «très préoccupé par la situation des membres d’Eglises chrétiennes en Irak. Les comptes-rendus faisant état de persécutions et de violences se sont multipliés ces derniers jours».

Pour l’accueil en Suisse de réfugiés irakiens, au titre de l’urgence humanitaire

La FEPS, dans sa publication «Se solidariser pour agir» du printemps 2009 s’est penchée en détail sur la situation des minorités religieuses, et notamment aussi sur la situation des chrétiens en Irak. Une délégation de la FEPS avait eu l’occasion, en octobre 2010 à Damas, de s’entretenir avec des réfugiés irakiens sur la situation dans leur pays. La FEPS est convaincue «que l’état déjà dramatique des droits de l’homme s’aggrave encore pour les chrétiens en Irak».

Le Conseil de la FEPS prie la conseillère fédérale Calmy-Rey de demander à l’Organisation des Nations Unies des mesures en faveur des minorités chrétiennes en Irak, soit par une protection renforcée soit par l’augmentation du nombre des observateurs sur place. La FEPS prie également la cheffe du Département fédéral des Affaires étrangères de s’engager auprès du Conseil fédéral pour l’accueil d’un contingent de réfugiés irakiens, au titre de l’urgence humanitaire.

Les chrétiens irakiens appartiennent depuis 2000 ans à l’histoire et à la culture de la Mésopotamie, le «Pays entre les deux fleuves», et ils ont droit à vivre dans leurs régions d’origine, estime la FEPS. Mais ils se retrouvent toujours davantage pris dans les affrontements entre groupements islamiques concurrents et y perdent leurs bases de vie. «L’émigration de chrétiens irakiens suite à la violence et à l’intimidation équivaut à une expulsion par la violence, qui doit être condamnée en tant que violation des droits de l’homme».

Les publications de la FEPS «Se solidariser pour agir. Les chrétiens victimes de discriminations et de menaces dans le monde» ainsi que «Perspectives d’avenir pour les personnes persécutées. Réimplantation de réfugiés en Suisse ?» peuvent être commandées et téléchargées sur www.feps.ch/onlineshop.

Encadré

Appel de Mgr Georges Casmoussa à une intervention de l’ONU

Après l’attentat visant la cathédrale syro-catholique Notre-Dame du Perpétuel Secours à Bagdad, qui a coûté la vie à 55 personnes le 31 octobre dernier, et la déclaration de l’organisation terroriste «Etat islamique d’Irak», la cellule irakienne d’Al-Qaeda qui a affirmé que les chrétiens sont des «obiectifs légitimes», les violences ciblant la minorité chrétienne en Irak se poursuivent.

Lundi 15 novembre, à Mossoul, une ville du nord de l’Irak qui se vide inexorablement de sa population chrétienne, deux chrétiens ont été abattus à l’arme automatique dans leur maison. Les victimes sont Nabil Ghanem et Nashwan Khoder, tous deux âgés de 36 ans. Le premier, un chrétien syro-catholique, était employé de l’unité provinciale des organisations de lutte contre la corruption, tandis que le second était un menuisier d’origine arménienne.

Selon Mgr Basile George Casmoussa, archevêque syro-catholique de Mossoul qui a dû se réfugier dans sa ville de Karakosh, dans la Plaine de Ninive, les Nations Unies doivent faire pression sur le gouvernement irakien pour qu’il enquête «jusqu’au bout» sur ces attentats et homicides qui n’en finissent pas. Pour l’évêque syriaque de Mossoul, le fait d’attaquer les chrétiens jusque dans leur maison est un changement de tactique qui démontre que la situation s’aggrave pour la minorité chrétienne.

L’évêque relève que de nombreuses familles chrétiennes qui sont encore sur place quittent ou désirent quitter les grandes villes, en particulier Bagdad et Mossoul. «Ils font un premier pas en quittant leurs maisons, mais un certain nombre d’entre eux cherchent à partir à l’étranger», a-t-il déclaré à l’agence de presse catholique «AsiaNews» à Rome. Mgr Casmoussa demande que l’ONU discute sérieusement du problème des chrétiens irakiens et que l’organisation envoie sur place une vraie commission d’enquête et qu’elle fasse pression sur le gouvernement irakien afin qu’il garantisse une plus grande sécurité aux églises et aux villages chrétiens, et recherche jusqu’au bout les assassins. (apic/com/feps/asian/be)

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