La position du pape n’est pas nouvelle

Rome: Pas de «révolution» concernant le préservatif, selon le Père Lombardi

Rome, 21 novembre 2010 (Apic) Dans une communiqué publié le 21 novembre, le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège invite à ne pas voir «un tournant révolutionnaire» dans les paroles de Benoît XVI qui, dans un livre à paraître prochainement, admet l’usage du préservatif «dans certains cas». Selon l’agence vaticane I.MEDIA, le Père Federico Lombardi affirme que cette position avait déjà été soutenue par «des personnalités ecclésiastiques faisant autorité» et concerne la «situation exceptionnelle» du risque de contamination par le virus du Sida.

Le porte-parole du Vatican explique que le pape considère «une situation exceptionnelle dans laquelle l’exercice de la sexualité représente un vrai danger pour la vie d’autrui». Benoît XVI, précise le Père Lombardi, ne justifie pas «moralement» l’exercice désordonné de la sexualité, mais considère que l’utilisation du préservatif peut être «un premier acte de responsabilité, un premier pas vers une sexualité plus humaine».

«Il doit être clair que l’utilisation du préservatif n’est pas la solution au problème», ajoute le père jésuite dans un communiqué, alors que la presse internationale fait ses gros titres d’un bref extrait du livre «Lumière du monde», à paraître le 23 novembre, et dont plusieurs passages ont d’ores et déjà été publiés.

Jamais aussi clair

Toutefois le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège reconnaît que ce raisonnement n’est jamais sorti avec «autant de clarté de la bouche d’un pape». Il relève également le courage avec lequel Benoît XVI offre une contribution importante pour clarifier et approfondir une question longuement débattue.

Il s’agit, poursuit le père Federico Lombardi, d’une «contribution originale» car elle s’attache d’une part à la fidélité à l’égard des principes moraux et fait preuve de lucidité en refusant la voie illusoire de la «confiance dans le préservatif». Elle manifeste d’autre part une vision compréhensive et prévoyante, attentive à découvrir les petites avancées (…) d’une humanité souvent spirituellement et culturellement pauvre vers un «exercice plus humain et responsable de la sexualité».

Le père Lombardi précise également que Benoît XVI «n’avait pas voulu prendre position sur le problème des préservatifs en général, lors de son intervention dans l’avion qui le menait au Cameroun en mars 2009, mais qu’il avait voulu souligner que le problème du Sida ne peut pas être résolu avec la seule distribution de préservatifs».

Pour une humanisation de la sexualité

Dans le livre «Lumière du monde», résultat de six heures d’entretiens menés fin juillet dans la résidence papale de Castel Gandolfo par le journaliste allemand Peter Seewald, Benoît XVI justifie l’utilisation du préservatif «dans certains cas», quand l’intention est de réduire le risque de contamination par le virus du Sida.

Le pape ne juge cependant pas l’utilisation du préservatif comme la véritable manière de vaincre le virus. Il met aussi en garde contre une banalisation de la sexualité, qui mérite plutôt une véritable humanisation. (apic/imedia/ami/nd)

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