Il s’agit de «diamants de sang»

Suisse: Les diamants du Zimbabwe doivent être exclus du « Processus de Kimberley »

Lausanne, 25 novembre 2010 (Apic) « Pain pour le Prochain » critique la certification de diamants du Zimbabwe, dans un communiqué publié jeudi 25 novembre. L’œuvre d’entraide protestante suisse rappelle qu’au Zimbabwe, de nombreuses violations de droits humains sont commises dans des mines de diamants par l’armée gouvernementale.

« Pain pour le Prochain » demande à la Suisse d’exiger que les diamants du Zimbabwe soient exclus du « Processus de Kimberley » (PK), qui certifie les diamants. La Suisse doit également demander d’inclure les violations des droits de l’homme commises par les forces gouvernementales dans les critères de ce régime international de certification des diamants bruts, qui réunit gouvernements et industriels du diamant. Le Zimbabwe est un des plus gros pays producteurs de diamants bruts.

La région de Marange, dans l’est du pays, connaît depuis 2006 une ruée sur les diamants avec l’arrivée de plus de 30’000 mineurs. Le « Zimbabwe Advocacy Office », basé à Genève et partenaire de « Pain pour le Prochain », rapporte que de nombreuses violations de droits humains ont été commises dans ces mines de diamants par l’armée gouvernementale. En octobre 2008, le gouvernement du Zimbabwe a déployé son armée afin de prendre le contrôle de la région. L’opération a conduit à la mort de plus de 200 mineurs et villageois, d’après un rapport de l’organisation de défense des droits humains « Human Rights Watch ».

Depuis cette occupation, les violations des droits humains par les militaires sont quotidiennes, notamment le travail forcé, le travail des enfants, la torture, des passages à tabac et des rapts. De plus, les soldats forcent les mineurs à travailler pour eux et organisent la contrebande de diamants.

Certification malgré de graves violations des droits humains

Le Zimbabwe est membre du Processus de Kimberley (PK), un organisme qui réunit des gouvernements, des entreprises et des ONG, dans le but de réguler le commerce mondial de diamants afin de lutter contre les « diamants de sang », c’est-à-dire les diamants qui servent à financer les guerres des groupes rebelles contre des gouvernements. En novembre 2009, le PK a suspendu les ventes des diamants en provenance de Marange.

En juillet 2010, après deux missions d’enquête, le PK a estimé que le Zimbabwe remplissait « les critères minimum du processus de certification pour commercialiser ses diamants bruts », c’est-à-dire que leur vente ne finance pas des groupes rebelles. Le Zimbabwe a ainsi été autorisé à vendre en août 2010 un premier lot de diamants à des acheteurs internationaux. Une importante société de courtage de diamants basée aux Etats-Unis, Rapaport, a immédiatement fait savoir qu’elle n’achèterait pas de diamants de Marange, en raison des graves violations des droits humains.

Des critères de certification plus stricts sont nécessaires

Jusqu’à présent, la production de diamants n’a pas profité au développement du pays

victime du commerce illégal contrôlé par l’armée toujours sous la botte du président Mugabe.

Cette situation est d’autant plus alarmante que le pays connaît un fort taux de malnutrition et

une grande crise économique. Pain pour le prochain formule les revendications suivantes:

– En tant que membre du Processus de Kimberley, la Suisse doit exiger que les diamants

du Zimbabwe soient exclus du PK;

– La Suisse doit demander au PK d’inclure dans ses critères les violations des droits de l’homme commises par les forces gouvernementales (et non pas seulement par des groupes rebelles).

Interpellant les acteurs du secteur du diamant, « Pain pour le Prochain » exige qu’ils refusent les diamants du Zimbabwe, tant que la situation des droits de l’homme ne s’est pas améliorée, et demande aux consommateurs suisses de se renseigner auprès des bijoutiers sur la provenance des diamants et refuser d’acheter ceux du Zimbabwe. (apic/com/ppp/be)

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