La joie dans la prêtrise est la meilleure publicité pour les vocations
Soleure, 26 novembre 2010 (Apic) Le manque de prêtres fait partie des plus importants défis du diocèse de Bâle. La moitié des paroisses de ce plus grand diocèse de Suisse, qui compte près d’un million de catholiques, n’ont plus de prêtre à leur service. Et environ 120 des 412 prêtres actuellement en fonction ont déjà atteint l’âge de la retraite.
L’Apic s’est entretenu sur cette problématique avec Felix Gmür, qui sera installé évêque de Bâle le 16 janvier prochain.
Apic: Felix Gmür, à voir les chiffres, l’Eglise catholique de votre diocèse se vide lentement de ses prêtres. Quelles solutions voyez-vous?
Felix Gmür: Je n’espère pas que les prêtres vont disparaître! Nous aurons effectivement moins de prêtres, mais aussi moins de fidèles. La première chose à faire est de répartir les prêtres de façon astucieuse.
La deuxième chose est encore plus importante: Que chaque prêtre en fonction fasse pour ainsi dire de la publicité en exprimant sa joie dans la prêtrise, de façon à ce qu’il puisse y avoir de nouvelles vocations sacerdotales. La plupart des prêtres que j’ai interrogés sur leur vocation m’ont répondu: c’est parce que le Père X ou le curé Y a été un exemple pour moi.
Apic: Aujourd’hui, beaucoup de prêtres sont lessivés, surmenés et ploient sous les nombreuses charges administratives.
Felix Gmür: Et ils ont le droit de vivre! Ils ne doivent pas recevoir et entreprendre des tâches, au point d’en sortir lessivés. Ils sont avant tout des êtres humains. Mais dans beaucoup de situations, il s’agit d’abord d’un problème d’organisation qu’il faut résoudre.
Dans tous les cas, le prêtre doit avoir la possibilité d’être davantage auprès des gens et moins au bureau, où d’autres gens seront probablement plus efficace que lui. Les prêtres doivent davantage témoigner et réduire jusqu’au minimum leur activité au bureau, même si elle est aussi nécessaire.
Apic: Autrefois, les familles étaient plus nombreuses. Ainsi la probabilité de voir un fils devenir prêtre ou une fille religieuse était plus élevée.
Felix Gmür: C’est vrai qu’il n’y a plus d’enfants. Et si les couples ont un ou deux enfants, il est logique qu’ils souhaitent d’abord devenir grands-parents.
Apic: Il y a des hommes qui trouvent leur vocation de prêtre sur le tard. Une bonne solution?
Felix Gmür: Les vocations tardives? Oui, c’est une bonne chose de voir des hommes qui constatent à 40 ou 50 ans que la prêtrise pourrait tout à fait constituer un chemin pour eux. L’Eglise est devenue plus ouverte sur cette question, mais elle doit encore davantage s’ouvrir.
Apic: Il arrive que des conflits apparaissent dans des paroisses, en particulier avec de jeunes prêtres qui veulent se montrer parfois très appliqués.
Felix Gmür: Oui, cela arrive. Mais ils ont peut-être aussi leurs raisons. Il est possible que cela soit en lien avec l’identité du prêtre. S’il ne devient qu’un homme de bureau, il est normal qu’il se demande: au fond, pourquoi suis-je devenu prêtre? La plupart veulent devenir prêtre pour pouvoir oeuvrer en pastorale et être présent auprès des gens.
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