Ils craignent à nouveau le chaos
Abidjan, 30 novembre 2010 (Apic) Un collectif de responsables religieux chrétiens et musulmans de Côte-d’Ivoire, parmi lesquels l’archevêque d’Abidjan Mgr Jean-Pierre Kutwa, le cheikh Boikary Fofana et l’imam Idriss Koné Koudous, ont averti que le pays risquait d’aller vers «le pire», au lendemain du second tour de l’élection présidentielle du 28 novembre, émaillée par des violences qui ont fait trois morts, rapporte l’agence AFP. Ils ont appelé les partisans des candidats à accepter le verdict des urnes.
Le 30 novembre, la situation était tendue dans le pays, après ce scrutin dont on attend toujours les résultats définitifs. La Commission électorale indépendante, chargée de l’organisation du scrutin et de la proclamation des résultats, est pour l’heure restée muette alors qu’elle avait annoncé leur publication pour ce même jour.
Albert Mabri Toikeusse, un porte-parole du candidat Alassane Ouattara (ex-premier ministre, ndlr) a accusé le président sortant Laurent Gbagbo d’être «dans une logique de confiscation du pouvoir», en cherchant à «empêcher la commission électorale d’annoncer les résultats de la présidentielle». Ce qui va conduire le pays, «à nouveau dans le chaos», a-t-il soutenu, des propos cités par l’AFP
Tout en appelant les deux candidats et leurs partisans à «accepter le verdict des urnes», les responsables religieux ivoiriens ont déclaré dans un communiqué, qu’alors que le peuple ivoirien espérait «connaître définitivement la paix» au second tour de la présidentielle, les électeurs sont passés de «la violence verbale à la violence physique. Le pire semble être devant nous (…)».
Le 22 novembre, Mgr Jean-Pierre Kutwa, archevêque d’Abidjan et porte-parole du Forum des confessions religieuses de Côte-d’Ivoire, avait lancé un vibrant appel aux deux candidats, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, pour une campagne électorale calme et paisible. Par la même occasion, il avait invité les deux candidats et leurs militants à surmonter les différences, tout en leur rappelant «l’aspiration profonde du peuple ivoirien, d’avoir, au soir du 28 novembre, un président qui incarne l’unité nationale». Pour les dignitaires chrétiens et musulmans ivoiriens, «le jeu de la démocratie commande que, lorsque nous ne sommes pas d’accord avec la proclamation des résultats, nous usions des voies de recours prévues». (apic/ibc/nd)
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