Les conclusions relèvent uniquement de «l’autorité scientifique» des participants

Rome: Le Vatican n’a pas donné son feu vert aux OGM

Rome, 1er décembre 2010 (Apic) Le Saint-Siège, par la voix de son porte-parole, a indiqué le 1er décembre ne pas avoir donné son feu vert aux organismes génétiquement modifiés (OGM), destinés à lutter contre la faim dans le monde. La veille, plusieurs médias avaient révélé l’existence d’une étude réalisée en mai 2009 par l’Académie pontificale des sciences, et qui semblait aller dans ce sens, rapporte l’agence I.MEDIA.

Dans une déclaration à la presse, le Père Federico Lombardi a rappelé que l’Académie pontificale des sciences avait organisé une semaine de travail au Vatican, du 15 au 19 mai 2009, autour du thème: «Les plantes transgéniques pour la sécurité alimentaire dans le contexte du développement». Le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège a indiqué cependant que les conclusions de cette rencontre, signées par sept membres de l’Académie et trente-trois chercheurs externes présents, avaient pour seule valeur «l’autorité scientifique» des participants.

Pas une position officielle du Saint-Siège

La déclaration finale, parue chez l’éditeur international de littérature scientifique «Elsevier», «ne doit pas être considérée comme une déclaration de l’Académie des sciences», dont les quatre-vingt membres n’ont pas été consultés, a expliqué le Père Lombardi. Selon lui, «elle ne peut encore moins être considérée comme une position officielle du Saint-Siège ou du magistère de l’Eglise sur la question».

A l’issue de leur réunion, experts et chercheurs auraient jugé qu’il n’y a «rien d’intrinsèque dans le recours à l’ingénierie génétique pour l’amélioration des cultures qui rendrait dangereux les plantes elles-mêmes ou les produits qui en sont dérivés». Constatant que «plus d’un milliard de personnes, sur les 6,8 milliards composant la population mondiale, sont actuellement sous-alimentées», la déclaration finale de cette rencontre encouragerait alors «le développement urgent de nouveaux systèmes et technologies agricoles», en particulier «l’ingénierie génétique et d’autres techniques modernes».

Pressions des Etats-Unis sur le Vatican

Depuis de nombreuses années, le Saint-Siège fait part de pressions faites sur le Vatican, souvent depuis les Etats-Unis, pour convaincre ses responsables de se prononcer en faveur des organismes génétiquement modifiés. En la matière, l’Eglise catholique s’en tient encore au «principe de précaution» (*) et ne s’est jamais officiellement prononcée sur la question, même si plusieurs prélats n’ont pas définitivement fermé la porte aux OGM. Ainsi, au terme d’un congrès d’études scientifiques de deux jours au Vatican, en novembre 2003, le président du Conseil pontifical Justice et Paix de l’époque, le cardinal Renato Martino, avait affirmé que la question n’était «pas abandonnée». Ce sujet, affirmait-il, «a encore besoin d’être beaucoup étudié».

«Partisans et détracteurs des OGM jouent des coudes pour enrôler le Vatican dans leurs rangs», avait affirmé «L’Osservatore Romano» à la veille de la semaine d’étude de mai 2009.

(*) S’il n’existe pas de définition universellement admise du «principe de précaution», on peut l’exprimer comme suit: «Des mesures doivent être prises lorsqu’il existe des raisons suffisantes de croire qu’une activité ou un produit risque de causer des dommages graves et irréversibles à la santé ou à l’environnement». Le principe part de l’idée qu’avant de mettre un produit sur le marché ou de démarrer une activité, il convient d’en évaluer les risques éventuels pour l’homme et pour l’environnement. (apic/i.media/ami/ggc)

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