Depuis un siècle, seules 150 églises sur 45’000 ont été désaffectées
Paris, 8 décembre 2010 (Apic) Une fois reconverties, quelques églises françaises peuvent connaître une nouvelle vie. Si une telle décision appartient à l’évêque, ce sont les municipalités qui financent les lieux de culte.
Depuis 1905, seules 150 églises paroissiales ont été désaffectées, sur les 45’000 clochers de France, relate le journal catholique français «La Croix». Des reconversions rarissimes car impopulaires. «Il existe un sentiment d’appartenance fort pour les églises communales, car on y vit des mariages, des baptêmes, des enterrements qui représentent des jalons forts de la vie», explique Béatrice de Andia, présidente de l’Observatoire du patrimoine religieux.
Si ces Eglises appartiennent aux communes depuis la loi de séparation de l’Église et de l’État (1905), la décision d’une désaffection revient à l’évêque du diocèse, souvent réticent à prendre de telles mesures. Pas question que les lieux de culte ne soient transformés en magasin ou en appartement – comme c’est le cas au Québec par exemple. «Le respect des personnes exige aussi le respect des souvenirs liés à l’église. Les services responsables de l’aliénation d’une église doivent donc s’assurer de la convenance de la destination de l’édifice», affirme Mgr Hervé Giraud, évêque de Soissons.
Reste que de nombreuses municipalités, qui financent à grands frais l’entretien des Eglises, «apprécieraient de réutiliser ou de vendre des édifices bien situés et parfois sous-utilisés du fait de la baisse du nombre de prêtres et de pratiquants», relève «La Croix». Lorsque les Eglises se vident, qu’elles doivent être rénovées ou fermées pour des questions de sécurité, il peut arriver qu’elles trouvent une nouvelle vie.
C’est le cas de l’église du Sacré-Cœur, à Bruay-la-Buissière (Pas-de-Calais). Le petit édifice de briques rouges, construit dans les années 1950, a souffert d’une forte baisse de la fréquentation. En 2000, il a été partagé en deux: le chœur reste réservé à l’usage religieux alors que l’autre moitié est louée à un magasin tenu par Emmaüs. Pour le Père Élie Gallois, prêtre de la paroisse, «ce compromis a permis de ne pas détruire l’église. Il était important pour nous que la croix du Christ reste présente face au temple de la consommation que représente l’hypermarché, installé en face.»
La pratique des reconversions d’église à une longue histoire en France. Certains bâtiments cultuels, vendus comme biens nationaux à la Révolution n’ont pas été rendus à leur usage premier par le Concordat de 1801. Ils sont devenus des mairies, des salles de conférences, des préfectures, voire des marchés couverts.
Le journal «La Croix» raconte par exemple l’histoire de l’église Saint-Pierre de Senlis, datant du XIIIe siècle, qui a «alternativement abrité une fabrique de chicorée, un escadron de cavalerie et un marché couvert avant d’être transformée dans les années 1970 par la municipalité en «Espace Saint-Pierre», salle d’exposition et de spectacle». (apic/La Croix/amc)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/depuis-un-siecle-seules-150-eglises-sur-45-000-ont-ete-desaffectees/