Interview de l’Abbé Jean-Pascal Vacher, prêtre dramaturge

Fribourg: Jeu scénique «Le Martyre de Saint Jean-Baptiste» à la paroisse du Christ-Roi à Fribourg

Fribourg, le 9 décembre 2010 (Apic) Après «La conversion de St Paul» (carême 2009), l’Abbé Jean-Pascal Vacher propose un nouveau jeu scénique sur «Le Martyre de Saint Jean-Baptiste», à l’église du Christ-Roi à Fribourg. Il s’agit d’une invitation à une démarche de conversion durant le temps de l’Avent. Interview de Jean-Pascal Vacher, curé répondant de la paroisse du Christ-Roi, dans les bureaux de l’agence Apic, à Fribourg.

Apic: Comment est née cette passion de l’écriture, alors que vous êtes un scientifique?

Abbé Jean-Pascal Vacher: Ecrire me demande un effort. Je cherche à retransmettre la foi, pas seulement au moyen de l’écrit, mais également en y joignant un aspect visuel, qui imprime davantage l’imagination. Deux sens sont ainsi employés.

L’aspect théâtral est venu quand j’étais curé dans le canton de Neuchâtel. Des paroissiens étaient liés au monde du théâtre et nous avons joué une pièce sur Saint Jean Bosco. J’ai aussi participé, comme confesseur, à un jeu scénique donné par le Verbe de Vie. L’idée a fait son chemin.

Apic: Existe-t-il une continuité dans les sujets que vous traitez?

Abbé Jean-Pascal Vacher: Pas vraiment. Mais beaucoup de sujets abordent la question du pardon. Car, à mes yeux, c’est un parent pauvre aujourd’hui. Or, la libération des cœurs va provoquer des dynamismes personnels, qui rayonneront sur les paroisses. On le voit bien, un pardon non accordé bloque la relation. Nous devons proposer et offrir ce bonheur qu’est la libération du cœur.

Apic: Vos sujets répondent-ils à des besoins pastoraux?

Abbé Jean-Pascal Vacher: Pour l’année saint Paul, en 2008, nous avons monté le spectacle de «La conversion de Saint Paul» au Christ-Roi. J’avais déjà proposé une pièce sur Saint Jean-Baptiste. Je l’ai réadaptée pour insister sur la figure de Jésus, le bon Berger, qui veille sur toutes les brebis, quelque soit leur degré de proximité ou d’éloignement. Les brebis sont jouées par les enfants, qui nous représentent tous. Grâce au chien de la conscience (image reprise à sainte Catherine de Sienne) il les garde des menaces du loup.

Apic: Priez-vous avant d’écrire? Quand trouvez-vous le temps?

Abbé Jean-Pascal Vacher: J’essaie d’être dans un climat de prière, le plus ouvert possible intérieurement. Je le fait surtout durant mes vacances, dans un couvent.

Apic: Etes-vous aidé par des professionnels?

Abbé Jean-Pascal Vacher: J’ai surtout appris au contact des autres et de leur expérience. J’utilise au maximum les compétences des personnes qui s’investissent dans le projet (ex: une personne a créé deux chorégraphies pour la pièce). Mais autrement, je suis un autodidacte. Lors de l’écriture, je prévois quelque chose de réaliste, et qui soit adapté à nos moyens et aux figurants. D’ailleurs, une certaine sobriété n’est pas un mal. Elle conduit vers une intériorité et rapproche les personnes de Dieu.

Apic: Arrivez-vous à vous détacher, vous déposséder, de votre œuvre?

Abbé Jean-Pascal Vacher: Je me donne le maximum de peine. Je demande également l’avis d’autres personnes. J’accepte toutes les idées qui sont formulées lors de la mise en scène. Dans «Le Martyre de Saint Jean-Baptiste», quelqu’un a proposé des jeux de lumières dans l’obscurité pour représenter le diable; ou un enfant a suggéré de reproduire le cri du loup. Je reste le plus ouvert possible aux apports extérieurs. C’est une manière de mettre les personnes en avant. Autrement, je m’en remets à Dieu.

Apic: Pourquoi le choix du théâtre et pas celui d’un autre art?

Abbé Jean-Pascal Vacher: Il ne s’agit pas seulement de théâtre dans un jeu scénique. Au Christ-Roi, nous avons la chance d’avoir un organiste, Jean-Louis Feiertag, qui sait improviser et créer un climat. De plus, le directeur de la chorale, Alexandre Traube, est également compositeur. J’essaie alors d’associer tous les éléments présents. S’il en manque un, un déséquilibre se crée. Car chacun joue son rôle. J’agis un peu comme un rassembleur, en proposant un théâtre sacré, qui corresponde, et au lieu – l’église du Christ-Roi -, et au coeur des gens.

Apic: Quel moment préférez-vous: la rédaction? Les répétitions? Les représentations?

Abbé Jean-Pascal Vacher: J’avoue porter une préférence pour l’achèvement. On y voit la joie de chacun et on y lit les fruits du pardon dans la vie concrète: familiale et sociale.

Apic: Rencontrez-vous le même succès à Fribourg que dans votre ancienne paroisse de Morges?

Abbé Jean-Pascal Vacher: Je ne suis pas sensible à cet aspect. Par contre, plus il y a du monde qui participe activement à la réalisation du jeu scénique, plus de personnes viendront voir le spectacle. Le bouche à oreille est très important, tout comme la présence des enfants qui font venir les parents et les amis. Par contre, je ne souhaite pas que les représentations soient réservées à une élite convaincue. Au contraire, j’espère toucher les gens qui sont un peu en marge et qui font un pas de plus vers Dieu.

Apic: Vous identifiez-vous à un ou à plusieurs auteurs?

Abbé Jean-Pascal Vacher: En fait, je cherche partout où il y a du bon à tirer. Mon désir est de transmettre ce qui fait partie de la grande tradition de l’Eglise: l’Ecriture sainte, le patrimoine spirituel des Pères de l’Eglise et des saints. Je n’ai pas la prétention d’être un créateur, mais de réunir toute cette richesse et de la transmettre. D’ailleurs – ce n’est pas sensible à l’oral –, les références sont données dans le texte: par exemple, «Les dialogues» de sainte Catherine de Sienne où je reprends l’image du chien pour la conscience, et «La somme théologique» de saint Thomas d’Aquin pour la doctrine.

Le jeu scénique «Le Martyre de Saint Jean-Baptiste» sera donné le dimanche 12 décembre à 16h00 et le vendredi 17 décembre à 19h30, à l’église du Christ-Roi à Fribourg. Le texte et la mise en scène sont l’œuvre de l’Abbé Jean-Pascal Vacher. Les acteurs et les figurants sont des paroissiens du Christ-Roi. La partie musicale est enrichie de composition d’œuvres originales d’Alexandre Traube, directeur du chœur mixte du Christ-Roi, et d’improvisations à l’orgue de Jean-Louis Feiertag.

Dans un 1er temps, présentation du jeu scénique, suivie dans un 2e temps de la possibilité de vivre le sacrement de la réconciliation. Entrée libre, sans quête à la sortie. (apic/ggc)

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