La Fédération des communautés israélites veut «objectiver» la discussion

Suisse: L’UDC corrige des points de son programme politique après l’intervention de la FSCI

Zurich, 20 décembre 2010 (Apic) Après l’intervention de la Fédération suisse des communautés israélites (FSCI), l’Union démocratique du centre (UDC) a corrigé quelques expressions contenues dans son nouveau programme politique.

Ainsi, au lieu de «problèmes avec l’islam», le parti de la droite dure parle désormais de «problèmes avec l’islamisme». Au lieu de dénoncer en vrac les mutilations génitales, l’UDC mentionne désormais uniquement les mutilations génitales féminines, rapporte le journal «Sonntagsblick» dans sa dernière édition. Le parti a également remplacé le terme – trop connoté – d’»Überfremdung» (envahissement par les étrangers) par l’expression de la volonté de «stopper l’immigration».

La FEPS accusée de rouler pour le parti socialiste

L’idéologue du parti, Christoph Mörgeli, a salué le fait que «contrairement à la Conférence des évêques, qui s’est occupée à combattre l’initiative de l’UDC pour le renvoi des étrangers criminels», ainsi que la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS), qui proclame des «manifestes socio-démocrates», la FSCI s’est vraiment confrontée au programme de l’UDC. Et comme les propositions de changement avancées par la FSCI ont été qualifiées de bonnes, le parti les a acceptées, affirme le conseiller national UDC zurichois.

Herbert Winter, président de la FSCI, s’est déclaré satisfait des changements apportés, estimant qu’il s’agissait là d’une contribution à «une certaine objectivation de la discussion». Dans le passé, la Fédération suisse des communautés israélites n’avait pas hésité à critiquer sévèrement les positions de l’UDC.

L’UDC «beaucoup plus favorable à Israël» que les partis de gauche

Au quotidien genevois «Le Courrier», qui l’interrogeait en mai 2008 sur la montée de l’UDC, Alfred Donath, qui présidait alors la FSCI, partageait le point de vue de la Revue juive, selon laquelle ce parti «a un problème massif et systématique d’antisémitisme parmi ses électeurs». Le président de la FSCI reconnaissait que «l’UDC a au départ une attitude xénophobe à la limite de l’antisémitisme, même si elle le nie». Il relevait en revanche que l’UDC «est beaucoup plus favorable à Israël, alors que les partis de gauche ou les Verts adoptent des positions clairement contre Israël sans être antisémites».

Pour faire que l’UDC modifie certaines de ses formulations, Herbert Winter, l’actuel président, après avoir examiné le projet de programme du parti, a attiré l’attention de sa direction sur quelques points délicats. Il en a parlé avec Alfred Heer, président de la section zurichoise du parti, qui passe pour un ami d’Israël. Ce dernier a fait part des remarques de ses amis juifs à Christoph Mörgeli, responsable du programme de l’UDC, qui a retravaillé le texte.

Non aux mutilations génitales féminines mais pas touche à la circoncision

Notons que la FSCI était intervenue en novembre dernier concernant l’initiative parlementaire demandant l’interdiction des mutilations génitales. La FSCI saluait le fait que «le Conseil fédéral ait l’intention de prendre des mesures contre les interventions sur les organes génitaux féminins qui ne sont pas pratiquées pour des raisons médicales». La Fédération relevait que de telles interventions sont aussi interdites du point de vue juif.

«La modification prévue du Code pénal doit toutefois se limiter à punir les interventions sur les organes génitaux féminins, elle ne doit pas toucher l’excision masculine (circoncision, Brit Mila). Pour le judaïsme, la Brit Mila représente en effet l’entrée dans l’alliance d’Abraham et témoigne donc de l’appartenance au peuple juif». La FSCI considère toute tentative de limiter ou de réprimer la «Brit Mila» comme une «atteinte à la liberté de croyance et de conscience garantie par l’art. 15 de la Constitution fédérale».

La FSCI met en avant les aspects religieux de la circoncision, et le fait qu’en dehors de l’aspect religieux, «il est des raisons médicales qui parlent en faveur de la circoncision masculine». En ce qui concerne l’excision du prépuce, explique la FSCI, «on ne saurait parler d’une mutilation de l’organe génital masculin, dans la mesure où cet organe reste parfaitement capable de fonctionner lorsque la circoncision est pratiquée de manière appropriée. Les spécialistes estiment qu’à l’échelle mondiale, environ 30 % de la population masculine est circoncise, pour des raisons religieuses ou médicales». En 2007, écrit encore la FSCI, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommandait explicitement la circoncision masculine pour prévenir le sida (Male circumcision reduces the risk of heterosexually acquired HIV in men by approximately 60 % – WHO-UNAIDS Communiqué de presse du 28 mars 2007). (apic/com/fsci/be)

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