Irak: Pas de messe de minuit à Bagdad, Mossoul et Kirkouk

Les chrétiens vivent dans la terreur et cherchent par tous les moyens à émigrer

Bagdad, 23 décembre 2010 (Apic) Après l’attentat de la cathédrale de Notre Dame du Perpétuel Secours et l’assassinat continuel de chrétiens, il n’y aura pas de messe dans la nuit de Noël ni à Bagdad, ni à Mossoul, ni à Kirkouk, a confirmé Mgr Louis Sako, archevêque de Kirkouk des Chaldéens. A Bagdad, les églises qui restent ouvertes sont désormais protégées par des gardes armés et entourées de gros blocs de béton pour les protéger des attentats à la voiture piégée. Face à la terreur, les chrétiens irakiens font profil bas et se cachent.

Pour des questions de sécurité, a révélé l’archevêque de Kirkouk, les églises n’auront ni guirlande ni décoration et les messes ne seront célébrées qu’en plein jour et dans la plus grande sobriété. Ces derniers temps, les paroisses ont accueilli à Kirkouk une centaine de familles ayant fui Bagdad et Mossoul.

L’archevêque irakien a évoqué «l’état de tristesse et de deuil durable» qui règne parmi les chrétiens. «La préoccupation est grande pour l’avenir des jeunes qui, depuis maintenant deux mois, ne peuvent fréquenter l’Université». Les nombreuses familles chrétiennes qui ont cherché refuge au Kurdistan irakien, où elles ne craignent pas d’agressions physiques, ne savent pas de quoi sera fait l’avenir. Dans les quartiers de Bagdad ou de Mossoul où les chrétiens tentés par l’émigration cherchent à vendre leurs maisons, des «mafias immobilières» sont à l’œuvre et les prix de vente sont divisés par deux.

Menaces par courriel contre Mgr Sako et dix personnalités chrétiennes de Kirkouk

«De la part du gouvernement, on n’attend rien de rassurant sur le front de la défense des chrétiens: les responsables politiques sont trop occupés à la formation d’un nouveau gouvernement», déplore Mgr Sako.

Mgr Sako relève qu’à Kirkouk, la sécurité est un peu meilleure qu’à Bagdad, même s’il y toujours un risque d’enlèvement et que les menaces demeurent. Il a reçu, comme dix autres personnalités chrétiennes de la ville, des menaces des mouvements islamistes envoyées par courriel. «C’est pourquoi nous avons décidé, pour la première fois depuis le début de la guerre il y a 7 ans, de ne pas célébrer la messe de minuit et de ne pas faire de fête: il n’y aura pas de Père Noël pour les enfants ni de cérémonies pour les vœux officiels avec les autorités».

A la cathédrale syrienne-catholique de Sayidat al-Najat (Notre-Dame du perpétuel secours) à Bagdad, où le 31 octobre dernier des terroristes ont massacré une cinquantaine de fidèles – dont deux jeunes prêtres, des femmes et des enfants – la consigne est la même. Il n’y aura pas de messe à minuit, mais une célébration dans l’après-midi du 24 décembre, assez tôt pour pouvoir assurer la sécurité, et une autre le lendemain, jour de Noël. Il n’y aura pas non plus de visites traditionnelles chez les familles.

Depuis des semaines, plus de messes pour des raisons de sécurité

«Cela fait déjà 6 semaines que nous ne célébrons plus la messe le soir par manque de sécurité. Nous ne célébrons qu’en fin de matinée et le samedi après-midi», poursuit Mgr Sako. «Pour le moment, nous avons arrêté aussi la catéchèse. Nous n’avons pas le droit de mettre en danger la vie des gens». S’il y a des gardes armés devant toutes les églises, le risque demeure quand les fidèles sortent de l’église dans la rue. (apic/asian/be)

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