Tous souhaitent un «Noël paisible»

Gaza: A l’approche de Noël, les chrétiens rêvent de temps meilleurs

Gaza, 23 décembre 2010 (Apic) La joie se mêle à la résignation à l’annonce de la visite du patriarche latin de Jérusalem. Il s’agit, en somme, d’un événement heureux pour la paroisse catholique de Gaza. Mgr Fouad Twal, chef des catholiques de rite romain en Terre Sainte, vient y fêter Noël. Mais on peut sentir la résignation de la minorité chrétienne. Alors que l’épuisement se lit sur les visages, le désir de paix est profond dans les cœurs.

Lors de son arrivée au checkpoint de Gaza, Mgr Fouad Twal est reçu par une petite délégation de la paroisse, le 22 décembre. Si l’accueil est cordial, le programme de la visite est serré. C’est que le checkpoint ferme tôt dans l’après-midi.

On part pour un tour bruyant de la ville. Il n’y a presque pas de voiture sur les routes endommagées, le chauffeur navigue entre les ânes. Dans la rue, peu d’homme, mais sur la droite comme sur la gauche, les traces visibles du récent conflit.

Les scoutes en haie d’honneur

Même si, en ce jour ouvrable, il y a moins de croyants rassemblés que les années précédentes, on n’oublie pas le sens de l’hospitalité. Les scoutes de la paroisse font une haie d’honneur au convoi. Grâce au soutien extérieur, ils portent pour la première fois un vrai uniforme. «Maintenant, ils sont vraiment professionnels», rit Laila, venue à la messe avec sa famille.

«Noël est la fête de la joie, de la paix et de l’amour», rappelle l’archevêque dans l’église décorée pour la fête. Laila et Vasili acquiescent: «On souhaite tous un Noël paisible». Mais tous deux n’y croient pas vraiment. Aujourd’hui encore, il y a eu une explosion dans leur voisinage. Ils ne peuvent pas dire ce qui s’est passé exactement, mais on sent clairement la tension due à la situation.

Leur joie est d’autant plus grande qu’ils pourront voyager dans les prochains jours, pour les fêtes de Noël et pour rendre visite à leur famille. Le Père Jorge Hernandez explique que 600 membres de la paroisse ont reçu une telle autorisation cette année. Et pour la première fois, ajoute-t-il, l’autorisation durera après les jours fériés, jusqu’au 10 janvier.

Vasili et Laila savent déjà où les mènera leur voyage. Ils veulent aller voir la famille au Nord, ainsi qu’à Ramallah, Naplouse et Jérusalem. Bethléem n’est pas au programme. Il est trop tard pour obtenir l’autorisation d’entrer dans l’église de Sainte-Catherine pour la messe de minuit.

Abdallah a moins de chance. Il n’a que 16 ans et l’âge minimum pour recevoir une autorisation de voyage est de 35 ans. Le lycéen prend la situation avec stoïcisme. Sa réaction sonne presque un peu entêtée: «Noël, c’est une fête de la joie. Nous fêtons, malgré le mur et les autres difficultés!»

Une situation qui empire chaque année

Les habitants de Gaza se sont lassés des questions sur leurs conditions de vie. Parce que la réponse est toujours la même: c’est pire chaque année, il n’y a «aucun espoir», selon les mots de Sœur Maria des petites sœurs de Jésus.

Les religieux engagés à Gaza sont privilégiés. Ils peuvent quitter la bande de Gaza. Mais pour eux également, la situation empire, explique Sœur Ines, supérieure des Sœurs du Saint Rosaire. Parfois, il faut un mois pour obtenir un nouveau visa de six mois pour Gaza. Du temps perdu que les Sœurs auraient pu investir en soutenant les écoles des congrégations.

Le levain du pays biblique

Malgré tout cela, le père Jorge reste convaincu: «Il est important que nous, chrétiens, soyons présents dans ce pays biblique. Au travers de notre témoignage de foi, nous pouvons être le levain». Et d’ajouter que ce sont particulièrement les jeunes chrétiens qui attendent l’opportunité de quitter Gaza, «la prison à ciel ouvert».

«Tout est mauvais à Gaza», confirme la musulmane Rana. «Mais nous essayons quand même d’apprécier notre vie». La jeune journaliste est venue avec une collègue à l’église, «pour la première fois du reste». Par curiosité et peut-être également pour jouir un peu de la joie exprimée à Noël, malgré tout.

Des photos sont disponibles à l’adresse: kipa@kipa-apic.ch. La première photo est facturée CHF 80.-, et à partir de la deuxième photo utilisée dans le même texte, le prix est de CHF 60.– (apic/bal/job/be/amc)

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