Somalie: Le mouvement islamiste Hezb al-Islam rejoint les insurgés « shebabs »
Mogadiscio, 24 décembre 2010 (Apic) Le mouvement islamiste somalien Hezb al-Islam a officiellement intégré les rangs des insurgés « shebabs », un groupe lié à Al-Qaïda qui milite notamment pour l’instauration de la charia, au nom de « l’unité » du jihad et pour fonder un « califat » islamique en Somalie, selon un communiqué rendu public le 23 décembre par les deux groupes et repris par l’agence AFP.
« Vos frères du Hezb al-Islam annoncent qu’ils rejoignent les moujahidines ’shebab’. Cette année est celle de l’unité », peut-on lire dans le communiqué commun, publié au cours d’une cérémonie officielle dans une mosquée de Mogadiscio. Les objectifs de cette fusion sont notamment la création d’un « califat » islamique sur « les traces de notre saint prophète » (…), la poursuite du jihad (guerre sainte), la lutte contre les croisés chrétiens, et le soutien aux musulmans opprimés dans le monde.
Al-Shabbaab est un groupe islamiste somalien issu de la fraction la plus dure de l’Union des Tribunaux islamiques, une alliance de 15 tribunaux islamiques somaliens, dans la mouvance d’Al-Quaïda. Les « shebabs » souhaitent instaurer un Etat intégralement régi par la charia. En 2009, ils avaient ouvertement déclaré la guerre au gouvernement de Sharif Ahmed, un modéré issu des Tribunaux islamiques.
Al-Shabbaab est l’une des deux grandes organisations islamistes somaliennes, avec le Hezb al-Islam. Mouvement politique, le Hezb al-Islam avait été fondé en 2007 par le cheikh Hassan Dahir Aweys. Ce dernier n’était pas présent à la cérémonie du 23 décembre, à laquelle assistait seulement le sheikh Ali Dere Mohamud Raghe, porte-parole des « shebabs ».
Toujours selon AFP, au terme de plus d’un an d’intenses rivalités et affrontements armés, qui ont vu les « shebabs » prendre peu à peu le dessus sur le Hezb al-Islam, les deux mouvements ont annoncé le 19 décembre leur intention de fusionner.
Il y a un an, les « shebabs » s’étaient emparés du port de Kismayo (sud). Début décembre 2010, ils ont pris d’assaut la ville de Burhakaba, localité stratégique à 180 km au sud de Mogadiscio, qui contrôle l’accès à tout le sud du pays et qui était jusqu’ici aux mains du Hezb al-Islam. Les « shebabs » avaient également resserré leur étau autour du corridor d’Afgoye, dernier bastion du Hezb al-Islam en périphérie nord-ouest de la capitale. Ces dernières semaines, de nombreux combattants du Hezb al-Islam ont ainsi rejoint les rangs des « shebabs ». Ceux-ci contrôlent le centre-sud de la Somalie et la majorité de Mogadiscio, ne laissant que quelques quartiers de la capitale sous le contrôle du fragile gouvernement de transition (TFG), soutenu à bout de bras par environ 8’000 soldats d’une force de l’Union africaine (Amisom), indique AFP.
Première conséquence spectaculaire de la fusion entre les deux mouvements, le 23 décembre, les « shebabs » ont pris le contrôle d’Harardere, l’un des principaux fiefs des pirates somaliens sur la côte de l’océan Indien (centre-est), tenu depuis mai 2010 par le Hezb al-Islam.
Selon un notable, Hasan Abdurahman, une trentaine de membres du Hezb al-Islam ont cependant refusé d’intégrer les rangs des « shebabs » et ont quitté la ville peu avant leur arrivée. Une information confirmée par le sheikh Ali Ahmed, un commandant du Hezb al-Islam. Ces hommes ont préféré se mettre au service d’un groupe armé soufi pro-gouvernemental, Ahlu Sunna wal Jamaa (ASWJ), précise encore AFP. (apic/afp/wikipedia/nd)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse