Rome: Le gouvernement italien condamne les violences contre les chrétiens au Nigeria

Après la vague d’attentats de Noël

Rome, 28 décembre 2010 (Apic) Le gouvernement italien a fermement condamné les violences interreligieuses de Noël, qui ont fait plus d’une cinquantaine de morts et quelque 70 blessés au Nigeria, où cohabitent difficilement chrétiens et musulmans. Les attentats ont notamment été revendiqués par un groupe islamiste, qui pourrait être la secte Boko Haram, indique l’agence AFP.

« Le ministère des Affaires étrangères a fait part, le 27 décembre au chargé d’affaires du Nigeria Rotimi Femi Akenson, de sa ferme condamnation des violences interreligieuses et de sa préoccupation concernant les attaques, en particulier contre la population chrétienne, a indiqué le ministère dans un communiqué repris par l’agence AFP. « A cette occasion l’Italie a exprimé l’espoir que l’engagement et les efforts des autorités nigérianes puissent faire cesser toute violence et rétablir pleinement la cohabitation pacifique entre les populations de fois différentes sur tout le territoire du pays », poursuit le communiqué.

Selon AFP, le chargé d’affaires nigérian a réaffirmé l’engagement de son gouvernement « à identifier et punir les responsables des attaques des derniers jours et à agir pour empêcher d’autres épisodes de ce genre », conclut le texte.

Série d’attentats sans précédent

Le Nigeria a connu, à la veille de Noël, une série d’attentats à la bombe et d’attaques d’églises sans précédent. Dans le centre du pays, à Jos, qui marque la limite entre le Nord majoritairement musulman et le Sud principalement chrétien, une cinquantaine de personnes au moins sont mortes et quelque 70 autres ont été blessées. Des violences ont été également signalées plus au Nord, dans la ville de Maiduguri. Des membres présumés d’une secte islamiste y ont attaqué trois églises, brûlant l’une d’elles et faisant six morts, selon l’armée.

Le pays est secoué par des tensions entre communauté chrétiennes et musulmanes exacerbées à l’approche des élections d’avril prochain. La région de Jos est régulièrement la cible de flambées de violences interethniques qui opposent très souvent des ethnies nomades (majoritairement musulmanes) aux sédentaires, d’ordinaire chrétiens. Depuis le début de 2010, des violences confessionnelles dans cette région ont fait des centaines de morts. Le Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique, compte 150 millions d’habitants.

Toujours selon AFP, le 28 décembre, un groupe islamiste qui pourrait être la secte Boko Haram, auteur d’un soulèvement meurtrier en 2009, a revendiqué ces attentats et menacé de poursuivre ses attaques, sur un site Internet qu’elle est censée contrôler: « Ô nations du monde, soyez informées que les attaques de Suldaniyya (Jos) et Borno à la veille de Noël ont été commises par nous, Jama’atu Ahlus-Sunnah Lidda’Awati Wal Jihad, sous la direction de Abu Muhammad, Abubakar bin Muhammad Shekau. » Le nom de la secte signifie « Peuple dévoué aux enseignements du Prophète pour la propagation et la guerre sainte ».

Les attentats de Noël devaient « marquer le début des vengeances après les atrocités commises contre les musulmans dans ces régions et dans le pays en général », selon le texte. « Nous allons par conséquent continuer nos attaques contre les mécréants et leurs alliés et tous ceux qui les aident jusqu’au triomphe d’Allah. »

Violences « absurdes »

Lors de la prière de l’Angélus du 26 décembre dernier, Benoît XVI avait fait part de sa « grande tristesse » face aux « violences absurdes » perpétrées contre des chrétiens au moment des fêtes de Noël, spécialement au Nigeria et aux Philippines. Le pape avait à nouveau appelé « à abandonner le chemin de la haine pour trouver des solutions pacifiques aux conflits et donner sécurité et sérénité à ces chères populations ». (apic/imedia/afp/bbc/nd)

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