Lucerne: Parution de l’Almanach social 2011 de Caritas Suisse

Après la crise, la reprise. Pour qui?

Lucerne, 29 décembre 2010 (Apic) La Suisse a bien maîtrisé la crise économique. La reprise conjoncturelle, engagée depuis une année, s’est encore renforcée. Un constat apparaît cependant dans l’Almanach social 2011 de Caritas Suisse: les pauvres et les défavorisés sont exclus de la croissance et sont toujours poussés en marge de la société. Le démantèlement social se poursuit.

Grâce à la flexibilité de son marché du travail et à sa capacité innovatrice, la Suisse est citée en exemple par les autres nations: selon le «Global Competitiveness Report» du Forum économique mondial, la Suisse est le pays le plus compétitif au monde. «Ainsi, la réduction de moitié de la pauvreté ne devrait pas être un objectif inatteignable pour un des pays les plus riches du monde», estime Caritas Suisse dans un communiqué diffusé le 29 décembre. «Surtout que la Suisse s’est sortie à bon compte de la crise des années 2008/ 2009».

La diminution de moitié de la pauvreté en Suisse est davantage une question de volonté politique que de capacité financière, constate Bettina Zeugin, experte chez Caritas et auteur du rapport sur le développement économique et social en 2009 et 2010 dans l’Almanach social 2011 de Caritas Suisse. Malgré la reprise conjoncturelle et un budget bénéficiaire, un montant de 1,5 milliard doit être économisé au niveau fédéral jusqu’en 2015. Des diminutions ont été effectuées entre autres dans les prestations complémentaires. Des mesures d’économies sont aussi prévues – ou ont même été réalisées – dans les domaines de l’assurance invalidité et de l’assurance chômage. Cela signifie, déplore Caritas, que les plus pauvres et les défavorisés devront encore se serrer la ceinture.

Et pourtant, poursuit Bettina Zeugin, les plus pauvres ont été les plus touchés par la crise. La situation conjoncturelle a fait augmenter la flexibilisation dans le marché du travail. Durant les 5 dernières années, le travail du soir, de nuit et du dimanche ont progressé, de même que le travail sur appel. Et en même temps, bon nombre d’emplois à plein temps sont tombés dans le domaine des bas salaires. La flexibilité croissante concerne en particulier les femmes, qui sont touchées de façon disproportionnée par les conditions de travail précaires.

Forte augmentation des chômeurs de longue durée

Une autre facette défavorable concerne les chômeurs. Si leur nombre a baissé, passant de 4,4% en décembre 2009 à environ 3,5% en automne 2010, la part des chômeurs de longue durée est montée en flèche. Pour la première fois depuis 2000, la proportion des chômeurs de longue durée a dépassé les 23% du nombre total de chômeurs.

Les principales victimes de cette évolution sont les familles, estime Caritas Suisse. Cela est attesté par les données sur les salaires et les conditions de vie de l’Office fédéral de la statistique. Elles démontrent que les familles monoparentales et les familles nombreuses sont les groupes sociaux qui se trouvent en plus grande situation de danger de pauvreté en Suisse, à côté des personnes de plus de 65 ans et des enfants.

La politique des assurances sociales en Suisse est marquée par la volonté de réduire le plus possible les prestations. Le fait que ce démantèlement n’est pratiquement plus remis en question montre à quel point la société est marquée par la désolidarisation, déplore Caritas Suisse dans son Almanach 2011. «Le défi consiste pourtant à renforcer les formes de soutien social aux couches de la population les plus exposées à la pauvreté et à améliorer les structures en vue de leur intégration sociale. Le fardeau ne peut pas et ne doit pas être porté que d’un côté».

Note: Le «Sozialalmanach 2011» en allemand (décembre 2010 / 216 pages / 34 frs), peut être commandé à : info@caritas.ch; sur www.caritas.ch ou par téléphone au 041 419 22 22.

(apic/com/bb)

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