Vatican II doit être une orientation pour le futur
Fribourg-en-Brisgau, 3 janvier 2010 (Apic) Le théologien allemand Bernd Jochen Hilberath a exhorté les évêques catholiques à faire montre de plus d’assurance vis-à-vis de Rome. «La curie ne cède pas volontairement son pouvoir. C’est pourquoi les évêques de l’Eglise universelle doivent revendiquer plus énergiquement leurs droits», a affirmé le professeur de l’Université de Tübingen dans une interview accordée au mensuel «Herder Korrespondenz».
Bernd Jochen Hilberath plaide également pour que lorsque l’on pense à Vatican II (1962-1965) on ne regarde pas seulement en arrière. Le Concile doit être une orientation pour le futur.
Les rapports entre les évêques et la direction de l’Eglise romaine sont marqués, comme dans toute grande organisation, par le règne de la «centrale», tant que cette dernière ne rencontre pas d’opposition, affirme le dogmaticien. La génération d’évêques actuellement en fonction «est théologiquement, canoniquement et pastoralement en retard sur les acquis du Concile en ce qui concerne le ministère d’évêque.»
Les croyants n’ont en général rien contre leurs évêques. Mais ils souhaitent que ceux-ci partagent leurs préoccupations, leurs expériences – positives comme négatives – et que parfois ils interpellent la centrale romaine sur l’un ou l’autre de ces problèmes.
D’après Bernd Jochen Hilberath, la situation actuelle est la suivante: le pape dirige l’Eglise à travers la curie et avec l’aide des nonciatures, au lieu de le faire avec les évêques et contrairement à ce qui avait été proposé pour la mise en oeuvre du Concile. Pour le théologien, il s’agit d’un faux développement ecclésiologique.
Le théologien réclame également un nouveau langage pour la foi. «Le traditionnel jargon ecclésiastico-théologique ne rencontre que l’incompréhension», considère-t-il. Il s’agit aujourd’hui de continuer dans l’esprit du Concile. Cet esprit devrait être déduit des textes. En outre, Bernd Jochen Hilberath plaide pour une meilleure communication entre les évêques, les théologiens et la base de l’Eglise. Mais il faut d’abord apprendre à communiquer, et les évêques doivent également progresser dans ce domaine, estime le théologien.
(apic/kna/job/amc)
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