Istanbul: Bartholomeos Ier demande la réouverture de la Faculté de théologie de Halki

Après la visite historique du vice-premier ministre turc

Istanbul, 4 janvier 2011 (Apic) Le patriarche œcuménique de Constantinople, Bartholomeos Ier, a reçu le vice-premier ministre turc Bülent Arinç, le 3 janvier, au Phanar, siège du patriarcat. Lors de cette visite historique – la dernière d’un ministre datant de 1952 -, le patriarche a appelé le gouvernement à rouvrir la Faculté de théologie de Halki, fermée en 1971, indique l’agence ANA (Athens News Agency).

Après avoir présenté ses vœux au vice-premier ministre turc Bülent Arinç, le primat orthodoxe a remercié le gouvernement, issu de la mouvance islamiste, pour ses récents gestes en faveur des minorités non musulmanes de Turquie, ainsi que pour la réouverture de l’orphelinat de la petite île de Prinkipou. Le patriarche lui a aussi rappelé que la Faculté de théologie de Halki était fermée depuis 40 ans, soulignant ainsi qu’il en attendait davantage: «Nous attendons de nouveaux pas. Bien sûr, nous attendons la réouverture de notre séminaire (…) Nous espérons que le gouvernement fera preuve de bonne volonté sur cette question», a-t-il déclaré dans une allocution après la rencontre et reprise par le quotidien catholique français La Croix. «Nous allons essayer de répondre à ces demandes selon les lois et, si nécessaire, en cherchant de nouveaux arrangements», a affirmé Bülent Arinç.

Cette visite du vice-premier ministre turc a par ailleurs revêtu un caractère historique, puisque Adnan Menderes était jusqu’ici le seul premier ministre à être venu au Phanar, en 1952.

La Grèce espère…

Selon le communiqué du ministère grec des Affaires étrangères repris par l’agence ANA, le chef de la diplomatie grecque Dimitris Droutsas a exprimé l’espoir que «cette ’visite symbolique’, qui fait suite à certaines actions positives de la part du gouvernement turc vis-à-vis du patriarcat œcuménique, s’accompagnera rapidement de pas plus substantiels permettant de régler les problèmes en suspens de longue date, qui continuent à créer des obstacles dans le fonctionnement et menacent la survie du patriarcat œcuménique lui-même».

Problèmes de succession

Située sur une île près d’Istanbul, la Faculté de théologie de Halki a été le principal centre d’éducation religieuse orthodoxe en Turquie pendant plus d’un siècle. Elle a été fermée par les autorités turques, en 1971, en vertu d’une loi plaçant les universités sous le contrôle de l’Etat. Or, le patriarche devant être de nationalité turque et avoir été formé dans le pays, la succession de Bartholomeos Ier s’avère compliquée, du fait de l’impossibilité du patriarcat à former des clercs en Turquie.

L’Union européenne, dont la Turquie souhaite devenir membre, demande depuis longtemps la réouverture de cette école. Selon des responsables turcs favorables à cette réouverture, des problèmes procéduraux y feraient obstacle, l’établissement ne correspondant à aucune catégorie du système d’enseignement turc.

En geste de bonne volonté à l’égard de sa minorité orthodoxe, Ankara a autorisé plusieurs prêtres étrangers à prendre la nationalité turque. Le gouvernement a récemment restitué au patriarcat l’orphelinat centenaire de la petite île de Prinkipou, saisi en 1997. (apic/ana/lacroix/ns/nd)

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