Mgr Fernando Filoni en appelle à la réaction de l’Union européenne
Rome, 5 janvier 2011 (Apic) Les attentats antichrétiens qui ont visé des fidèles dans des églises de Bagdad et d’Alexandrie ne sont pas une rétorsion contre le synode pour le Moyen-Orient, estime Mgr Fernando Filoni. Dans une interview publiée le 6 janvier 2011 dans le quotidien catholique français «La Croix», le substitut pour les affaires générales de la Secrétairerie d’Etat du Saint-Siège réfute tout lien entre le Synode des évêques pour le Moyen-Orient d’octobre 2010 au Vatican et ces récents attentats.
Mgr Filoni appelle en outre l’Union européenne à ne pas rester «indifférente» devant les nombreux problèmes du Moyen-Orient, tous étroitement liés. «Numéro trois» du Saint-Siège, chargé de mettre en œuvre les décisions du pape, Mgr Filoni fut nonce apostolique à Bagdad de 2001 à 2006. Il est le seul ambassadeur occidental à être demeuré sur place durant la guerre, relève Frédéric Mounier dans «La Croix».
Alors que certaines voix, au Moyen-Orient, considèrent les attentats perpétrés contre les chrétiens comme une réponse aux positions émises durant l’Assemblée spéciale du Synode des évêques pour le Moyen-Orient, Mgr Filoni estime pour sa part que les récents attentats antichrétiens à Bagdad (Irak) et à Alexandrie (Egypte) ne peuvent pas être considérés comme une rétorsion contre le synode. Ce dernier, souligne le prélat italien, «n’a pas élaboré de programmes de conquête». Le synode a surtout permis au monde entier de comprendre «combien le Moyen-Orient est riche de biens spirituels, historiques et humains, qui appartiennent à tous».
Le Synode, renchérit le substitut dans «La Croix», a mis en évidence «combien la cohabitation sereine entre chrétiens et musulmans est importante pour tous». Et de se réjouir d’avoir lu des témoignages de musulmans demandant aux chrétiens de rester, même si «cela déplaît aux fondamentalistes». En Irak, près des deux tiers des chrétiens, soumis à d’incessantes attaques, ont fui le pays depuis l’invasion américaine de 2003.
Interrogé sur les moyens d’action dont dispose le Vatican pour enrayer les violences contre les chrétiens au Moyent-Orient, Mgr Filoni rappelle que le Saint-Siège ne dispose ni de moyens armés ni de pressions économiques pour s’opposer aux violences du fondamentalisme religieux mais seulement de moyens de nature «spirituelle», «morale», «culturelle» et «sociale».
Dans cette interview, le substitut pour les affaires générales de la Secrétairerie d’Etat appelle en outre l’Union européenne à ne pas rester «indifférente» devant l’ensemble des problèmes du Moyen-Orient, qui ne sont pas séparés: «la cohabitation pacifique entre Israël et les Palestiniens, entre chrétiens et musulmans, entre chiites et sunnites, sans oublier les autres communautés minoritaires».
L’Europe, soutient Mgr Filoni dans le quotidien catholique, doit chercher, en collaboration avec les composantes religieuses et sociopolitiques, à «isoler toute forme d’intolérance et de discrimination, qui engendrent la violence et le terrorisme à partir d’une motivation pseudo-religieuse». (apic/imedia/cp/be)
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