France: Appel de la Conférence des responsables de culte en France

Les leaders religieux réagissent aux attentats antichrétiens au Moyen-Orient

Paris, 6 janvier 2011 (Apic) «Nul ne peut se prévaloir des religions pour légitimer des violences», estiment les membres de la Conférence des responsables de culte en France. L’appel, lancé jeudi 6 janvier à Paris, est appuyé par les responsables chrétiens, musulmans, juifs et bouddhistes français.

Le manifeste est signé par le pasteur Claude Baty, président de la Fédération protestante de France (FPF), le pasteur Laurent Schlumberger, membre du Conseil de la FPF et président du Conseil national de l’Eglise réformée de France, le rabbin Gilles Bernheim, Grand Rabbin de France, son porte-parole le rabbin Moshé Lewin, le Métropolite Emmanuel, président de l’Assemblée des Evêques orthodoxes de France, son porte-parole Carol SABA, Mohammed Moussaoui, président du Conseil français du culte musulman, son secrétaire général Anouar Kbibech, le cardinal André Vingt-Trois, président de la Conférence des Evêques de France, son vice-président Mgr Laurent Ulrich, et le Révérend Olivier Wang-Genh, président de l’Union bouddhiste de France.

«Ces violences faites ’au nom de Dieu’ contre d’autres croyants sont insupportables»

Les signataires, d’une seule voix, condamnent avec la plus grande vigueur les attentats perpétrés dernièrement à Bagdad et à Alexandrie endeuillant la communauté chrétienne. «Ces violences faites ’au nom de Dieu’ contre d’autres croyants sont insupportables, elles ne blessent pas seulement une religion mais l’humanité tout entière».

Les chefs religieux français, voyant de plus en plus monter une violence, en récusent l’argumentation religieuse. «Cette intolérance est déjà à l’oeuvre dans notre propre société, elle se manifeste dans les dégradations de lieux de cultes et les menaces envers des croyants. En tant que responsables religieux nous déclarons fermement que nul ne peut se prévaloir des religions que nous représentons pour légitimer des violences, des ségrégations et même du mépris à l’égard d’un être humain», écrivent-ils.

Les leaders religieux français encouragent les fidèles de leurs communautés à résister au repli et à la peur. Ils se disent convaincus qu’ils sauront prendre la mesure de cette responsabilité. «Nous ne voulons pas que la religion soit instrumentalisée à quelque fin que ce soit. Nous désirons être artisans de paix dans notre pays et dans le monde», poursuivent les signataires. Ils appellent les hommes et femmes de bonne volonté, croyants et non-croyants, à sans cesse travailler à la réconciliation, «sachant que la haine de l’autre est une maladie mortelle pour l’ensemble de la société». Et de conclure que «La fraternité est un défi que nous sommes appelés à relever, tous ensemble».

Encadré

La Fédération protestante de France exprime son horreur devant les attentats

La Fédération protestante de France (FPF) a exprimé jeudi 6 janvier son horreur devant les attentats visant des chrétiens désignés comme «cibles légitimes». Elle dénonce toute violence faite à un être humain, «à plus forte raison quand c’est prétendument au nom de Dieu».

Après l’attentat d’Alexandrie, les menaces à l’encontre de la communauté copte en France mettent en évidence la volonté des extrémistes de généraliser les tensions religieuses pour les transformer en guerre des civilisations, relève la FPF.

Cette montée de la violence est bien visible dans les dégradations de lieux de culte, comme tout récemment celui de l’Eglise évangélique de Montfermeil, en Seine Saint-Denis. «Ces actes indiquent une grave perte du respect que traditionnellement l’être humain porte aux convictions profondes de ses concitoyens», déclare la FPF. La Fédération protestante de France exprime sa solidarité et son soutien fraternel aux communautés attaquées et meurtries.

«Provoqués par cette guérilla religieuse qui envahit les médias et s’installe dans nos préoccupations quotidiennes, nous appelons à résister à l’engrenage de l’intolérance en méditant à nouveau l’histoire dramatique de Caïn et Abel», poursuit la Fédération, en rappelant que «Le péché est tapi à ta porte, et son désir se porte vers toi, à toi de le dominer!».

Et la FPF de conclure: «La violence séductrice est partout présente, la laisserons-nous dominer nos pensées, nos paroles et nos actes ? Non. Personne ne peut se prévaloir d’être fils unique, chacun est appelé à entrer en dialogue avec son frère en humanité». (apic/com/fpf/be)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/les-leaders-religieux-reagissent-aux-attentats-antichretiens-au-moyen-orient/