Belgique: La Commission sur les abus sexuels ne doit pas se focaliser sur la seule Eglise

Il faut donner la priorité à la situation actuelle

Bruxelles, 6 janvier 2011 (Apic) La Commission sur les abus sexuels ne doit pas focaliser ses travaux sur la seule Eglise catholique, estime Raf Terwingen, député fédéral flamand du parti (CD&V). Interviewé par l’hebdomadaire chrétien flamand «Tertio», le politicien chrétien-démocrate se dit également favorable à une réouverture du débat sur le délai de prescription.

L’avocat Raf L.R. Terwingen, originaire de Genk, dans la province du Limbourg, est d’avis que la Commission se consacre aussi à d’autres catégories professionnelles. «Car il est plus urgent de rechercher là où sont actuellement commis des abus sexuels», estime le député, qui est lui-même membre de cette Commission.

Un manque de connaissance des structures de l’Eglise

Selon Raf Terwingen, la commission parlementaire se prononce trop sur l’organisation interne de l’Eglise. «Session après session, je vois des membres donner des leçons aux dirigeants de l’Eglise. C’est vrai que leurs suggestions peuvent être utiles pour l’Eglise. Celle-ci pourrait y donner suite afin de rétablir sa crédibilité, mais je parle maintenant comme croyant et non comme politique», déclare le député CD&V, qui relève que de nombreux membres de la commission ont peu de connaissance des structures de l’Eglise.

«L’Eglise n’est pas au-dessus de la loi mais la loi ne doit pas être plus sévère pour l’Eglise», conclut Raf Terwingen dans l’interview accordée à «Tertio». Suite aux affaires d’abus sexuels, l’Eglise catholique en Belgique passe par une période pénible. Selon une enquête d’opinion menée l’été dernier par le bureau Ipsos et «Think BBDO», à peine 8% de la population belge fait encore confiance en l’Eglise. En octobre 2009, ils étaient encore 28% à lui faire confiance, affirme le quotidien flamand «De Standaard», dans son édition de mardi 4 janvier.

La Flandre, ancien bastion du catholicisme, s’est sécularisée à grande vitesse

Ancien bastion du catholicisme, la Flandre s’est sécularisée à grande vitesse ces dernières décennies. Elle affiche désormais un niveau de confiance plus faible (5%) que la Wallonie (11%). Le quotidien attribue partiellement cet écart à l’impact des révélations de plaintes impliquant l’ex-évêque de Bruges, Mgr Vangheluwe dans des faits de pédophilie. L’enquête a porté sur un échantillon de 1’000 Belges âgés de 18 à 65 ans interrogés à deux reprises: en octobre 2009 et juillet 2010.

Selon Fons Van Dyck, un des responsables de Think BBDO, la méfiance de la population n’est pas seulement alimentée par les scandales des abus sexuels commis au sein de l’église. Elle l’est aussi par la manière dont l’institution a réagi, rapporte l’agence de presse belge Belga. Le sondage révèle aussi que les médias, la police, les banques la justice, les soins de santé, et l’enseignement ne jouissent pas d’un grand niveau de confiance. C’est la politique qui est au plus bas, en ne faisant montre que de 6% de confiance contre 17% en 2009. (apic/cathobe/belga/be)

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