Rome: Benoît XVI demande des mesures efficaces pour protéger les chrétiens au Moyen-Orient

Les diplomates étaient réunis au Vatican pour la cérémonie des voeux

Rome, 10 janvier 2010 (Apic) Benoît XVI a demandé aux gouvernements du Moyen-Orient de prendre des «mesures efficaces pour la protection des minorités religieuses», le 10 janvier 2011, devant l’ensemble du corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège. Le pape a également affirmé que la religion n’était «pas un facteur de trouble ou de conflit», ni un problème pour la société.

Devant les diplomates réunis pour la cérémonie des vœux dans la Salle royale du Palais apostolique, le pape a insisté sur l’urgente nécessité pour les gouvernements du Moyen-Orient d’»adopter, malgré les difficultés et les menaces, des mesures efficaces pour la protection des minorités religieuses».

Evoquant les récents attentats qui ont semé mort, douleur et désarroi parmi les chrétiens d’Irak et d’Egypte, le souverain pontife a renouvelé aux autorités et aux chefs religieux musulmans son «appel anxieux à œuvrer afin que leurs concitoyens chrétiens puissent vivre en sécurité et continuer à apporter leur contribution à la société dont ils sont membres à plein titre».

Benoît XVI a en outre salué «l’attention pour les droits des plus faibles et la clairvoyance politique dont certains pays d’Europe ont fait preuve ces derniers jours, en demandant une réponse concertée de l’Union Européenne afin que les chrétiens soient défendus au Moyen-Orient». Après les récents attentats de Bagdad et d’Alexandrie, les ministres des Affaires étrangères français, italien, hongrois et polonais ont en effet demandé à la haute représentante de l’Union Européenne, Catherine Ashton, une réaction européenne. Ils ont également souhaité que la question de la protection des minorités soit discutée lors de la prochaine réunion des ministres des Affaires étrangères, le 31 janvier.

Un appel au Pakistan

Le traditionnel tour d’horizon de la situation internationale réalisé par le pape en présence du corps diplomatique s’est concentré sur la question de la liberté religieuse, tout comme dans son Message pour la Journée mondiale de la paix 2011. Benoît XVI a demandé au Pakistan d’abroger la loi contre le blasphème, car, selon lui, «il est évident qu’elle sert de prétexte pour provoquer injustices et violences contre les minorités religieuses». Il s’est alors appuyé sur le tragique assassinat du gouverneur du Pendjab, le 4 janvier dernier, pour souligner l’urgence de la situation.

D’autre part, Benoît XVI a souhaité que l’Eglise catholique de la Péninsule Arabique puisse «disposer de structures pastorales appropriées pour les nombreux travailleurs immigrés chrétiens» qui y vivent.

Le pape a ensuite déploré que la violence contre les chrétiens n’épargne pas l’Afrique, évoquant en particulier la situation au Nigeria, pays marqué par de récents affrontements interreligieux. Il a aussi tourné son regard vers les catholiques de Chine qui vivent un moment de difficulté et d’épreuve ainsi que vers Cuba, souhaitant que «le dialogue qui s’est heureusement instauré avec l’Eglise se renforce encore et s’élargisse».

Le souverain pontife a demandé «que soit garantie partout aux communautés catholiques la pleine autonomie d’organisation et la liberté d’accomplir leur mission, conformément aux normes et standards internationaux en ce domaine».

La religion marginalisée

Au fil de son long discours en français, le pape a aussi évoqué d’autres types de menaces, spécialement en Occident. «La religion ne constitue pas pour la société un problème», a soutenu le pape devant les diplomates avant d’affirmer qu’elle n’était pas non plus un facteur de trouble ou de conflit. Le souverain pontife a alors rappelé que l’Eglise ne recherchait pas de privilèges, ni ne voulait «intervenir dans des domaines étrangers à sa mission, mais simplement exercer celle-ci avec liberté».

Dans des pays dans lesquels «on accorde une grande importance au pluralisme et à la tolérance, mais où la religion subit une croissante marginalisation», le pape a déploré que la religion soit considérée comme «un facteur sans importance, étranger à la société moderne ou même déstabilisant et que l’on cherche par divers moyens à en empêcher toute influence dans la vie sociale».

Benoît XVI a ensuite remarqué qu’une autre manifestation de la marginalisation de la religion se traduisait par «le bannissement de la vie publique des fêtes et des symboles religieux, au nom du respect à l’égard de ceux qui appartiennent à d’autres religions ou de ceux qui ne croient pas».

Le souverain pontife a alors manifesté sa gratitude envers les pays européens qui s’étaient associés début 2010 au recours du gouvernement italien devant la Cour européenne des droits de l’homme à propos de l’exposition du crucifix dans les lieux publics.

Les chrétiens discriminés

Dans son discours, le pape a, en outre, soutenu que l’on ne pouvait pas créer une sorte d’échelle dans la gravité de l’intolérance envers les religions. «Malheureusement, une telle attitude est fréquente, a poursuivi le souverain pontife, et ce sont précisément les actes discriminatoires contre les chrétiens qui sont considérés comme moins graves, moins dignes d’attention de la part des gouvernements et de l’opinion publique».

Benoît XVI a, par ailleurs, relevé avec satisfaction que la nomination d’un représentant non-résident auprès du Vietnam constituerait un premier pas vers l’établissement de relations diplomatiques entre le Vatican et Hanoi. Le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège a ensuite précisé aux journalistes que la nomination de ce représentant était assez proche.

Le pape a aussi rappelé que le réseau diplomatique du Saint-Siège s’était encore renforcé en Afrique en 2010, «une présence stable étant désormais assurée dans trois pays où le nonce n’est pas résident» : le Tchad, le Malawi et le Gabon.

A ce jour, le Saint-Siège entretient des relations diplomatiques bilatérales avec 178 Etats. Il convient d’y ajouter l’Ordre souverain militaire de Malte, la Communauté européenne, et les relations de nature spéciale entretenues avec l’Autorité nationale palestinienne. Le Saint-Siège participe en outre à de nombreuses organisations internationales, des organismes intergouvernementaux et des programmes internationaux. (apic/imedia/ami/amc)

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