Indications de lieux ou de situations où le droit à la liberté religieuse est violée
Rome, 10 janvier 2011 (Apic) Benoît XVI, dans son discours adressé au corps diplomatique auprès du Saint-Siège, a évoqué les menaces actuelles contre la liberté religieuse en Occident, le 10 janvier 2011. Le pape a dénoncé les «lois qui limitent le droit à l’objection de conscience», ou encore les cours d’éducation sexuelle ou civique imposés aux jeunes en Europe, rapporte l’agence I.MEDIA.
Benoît XVI a consacré tout son discours, devant les diplomates du monde entier, à la liberté religieuse. S’il a longtemps évoqué le droit à la liberté religieuse en Orient, le pape a aussi parlé des différentes «menaces contre le plein exercice de la liberté religieuse» en Occident. Parmi ces menaces se trouve, en particulier, le fait d’»exiger que les chrétiens agissent dans l’exercice de leur profession sans référence à leurs convictions religieuses et morales, et même en contradiction avec celles-ci».
Le pape a dénoncé les «lois qui limitent le droit à l’objection de conscience des professionnels de la santé ou de certains praticiens du droit». Dans ce contexte, il s’est félicité de l’adoption par le Conseil de l’Europe «d’une résolution qui protège le droit du personnel médical à l’objection de conscience, face à certains actes qui lèsent gravement le droit à la vie, comme l’avortement».
Le 7 octobre dernier, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe avait rejeté un projet de résolution visant à remettre directement en cause le droit à l’objection du personnel médical face à l’avortement et à l’euthanasie. Elle avait, au contraire, adopté une autre résolution réaffirmant le droit à l’objection de conscience dans le cadre des soins médicaux légaux. L’»Osservatore Romano» a qualifié cette initiative de «signal positif», dans une Europe où «les tentatives tenaces de marginaliser la religion se multiplient».
Une autre atteinte à la liberté religieuse des familles, pratiquée par certains pays européens, consiste à imposer aux jeunes «la participation à des cours d’éducation sexuelle ou civique véhiculant des conceptions de la personne et de la vie prétendument neutres, mais qui en réalité reflètent une anthropologie contraire à la foi et à la juste raison». Devant les journalistes, le Père Federico Lombardi – directeur du Bureau de presse du Saint-Siège – a précisé que le pape faisait particulièrement référence à l’Espagne. Le gouvernement Zapatero a introduit, en septembre 2007, des «cours d’éducation à la citoyenneté», où il est fait référence, entre autres, au droit au divorce et à l’avortement, ou encore à l’acceptation des familles homoparentales.
Ces dernières semaines, le souverain pontife et les autorités vaticanes ont accordé une grande place aux atteintes constatées en Occident. C’était le cas dans le Message de Benoît XVI pour la Journée mondiale de la paix 2011, ou dans la déclaration du cardinal Tarcisio Bertone – Secrétaire d’Etat du Saint-Siège – lors du consistoire extraordinaire devant le collège des cardinaux le 19 novembre 2010, ou lors de son déplacement au Kazakhstan début décembre.
Le Père Federico Lombardi – dans un commentaire publié par «Radio Vatican» après l’allocution du pape – a souligné que le discours au corps diplomatique contenait «une série impressionnante d’indications sur des lieux et des situations dans lesquels ce droit est clairement violé, ou mis en cause plus ou moins explicitement et radicalement». En ce sens, ce discours fait figure de nouveauté par rapport au précèdent texte pontifical: le Message de Benoît XVI pour la Journée mondiale de la paix du 1er janvier 2011, consacré au même thème.
Ce message pour la paix avait davantage «offert un large panorama sur les bases du droit à la liberté religieuse et sur la nécessité de le défendre face à des risques et des attaques», a déclaré le porte-parole du Saint-Siège, qu’il s’agisse de «violations concrètes et dramatiques ou de positions négatives d’origine idéologico-culturelle avec des conséquences juridiques». (apic/i.media/lb/ggc)
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