L’Eglise catholique doit être davantage visible dans les médias
Zurich, 11 janvier 2011 (Apic) L’Abbé d’Einsiedeln, Martin Werlen, demande un plus grand engagement des responsables de l’Eglise dans le domaine public et une pause dans la discussion sur la morale sexuelle de l’Eglise catholique. Le bénédictin s’est exprimé, dimanche 9 janvier, dans l’émission «NZZ Standpunkte» diffusée par la télévision suisse alémanique.
Mgr Werlen a constaté l’année passée les difficultés de l’Eglise catholique à réagir aux déceptions des gens, a-t-il dit lors de l’émission télévisée «Standpunkte». Dans le scandale des abus sexuels commis par des prêtres, il a déploré que l’Eglise ait attendu trop longtemps avant de prendre position. Ces réticences ont causé de grands dommages à l’Eglise, a-t-il poursuivi.
Pour lui, L’Eglise catholique s’est aujourd’hui largement séparée des compétences auxquelles elle a été fidèle durant des siècles. Par le passé, a dit l’Abbé Werlen, la présence de l’Eglise au sein de la société était une évidence. «Au cours des dernières années, nous nous en sommes très fortement éloignés», a-t-il déploré.
Cela apparaît, par exemple, lorsque la télévision suisse cherche des responsables de l’Eglise pour participer à des forums. Les responsables de la TV ont de grandes difficultés à «amener devant l’écran» des personnalités appropriées à répondre aux questions et à échanger. Par cette attitude d’absence, l’Eglise «passe à côté d’une chance incroyable d’annoncer l’Evangile». L’Eglise doit, pour l’Abbé Werlen, «montrer une plus grande visibilité et faire preuve de plus de courage.»
Le problème ne réside pas dans le fait que les médias ne s’intéressent pas à l’Eglise. «Lorsque j’apparais dans les médias, je deviens vulnérable. Mais nous avons quelque chose à dire et nous en sommes trop peu convaincus», a affirmé Mgr Werlen.
Les positions de l’Eglise sont aujourd’hui mal comprises, mal communiquées, parce que les gens «perçoivent uniquement un idéal propagé par l’Eglise.» Les personnes se sentent ainsi livrées à elles-mêmes et perçoivent le message de l’Eglise comme hors du temps.» L’Eglise parvient peu à aider les contemporains sur leur propre chemin. Mgr Werlen déclare: «Nous somme en recherche d’une meilleure communication».
La morale que défend l’Eglise n’est pas une morale du «non ou de l’interdit.» Elle défend bien plutôt un «Oui». A la question des journalistes de savoir si la morale sexuelle de l’Eglise catholique n’était pas en contradiction avec la pratique de la majorité des jeunes en Suisse, Mgr Werlen a répondu que «cela ne peut signifier, si nous avons une position déterminée, les autres ne peuvent rien dire et qu’ils ne nous intéressent plus.» L’Eglise doit au contraire être là pour les gens. Elle doit s’ouvrir.
Réfléchir à une «théologie de la sexualité» pourrait aider à comprendre que la sexualité est un don de Dieu. L’homme devrait se demander ce qu’il fait de ce don et quelle est «sa responsabilité envers Dieu, lui-même et les autres.»
Pour répondre à ces questions, l’Eglise catholique dispose de «formidables approches» sur lesquelles pourrait s’appuyer la discussion. L’Abbé bénédictin est convaincu que l’Eglise trouvera le bon chemin et qu’elle «pourra mieux accompagner les personnes vers ce qui est le meilleur.» (apic/gs/bal/js)
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