Lutter contre l’augmentation de la criminalité
Manille, 21 janvier 2011 (Apic) Aux Philippines, l’augmentation de la criminalité et le sentiment d’insécurité des citoyens préoccupent les évêques du pays. Ces derniers ont lancé un cri d’alarme, invitant le gouvernement à faire respecter la loi et l’ordre, pour garantir la sécurité de la population. Dans un communiqué envoyé à l’agence Fides, le 20 janvier, les évêques de la région de Metro Manille signalent la dégradation de l’ordre dans la société, l’impunité et le mauvais fonctionnement de la justice.
L’évêque de Kalookan, Mgr Deogracias S. Iniguez, réclame une enquête afin de mieux étudier le phénomène et de trouver les solutions adaptées. De son côté, l’évêque de Catarman, Mgr Emmanuel Trance, remarque que les homicides et les exécutions sommaires se multiplient dans le pays « dans le silence général ». Selon l’évêque de Puerto Princesa, Mgr Pedro Arigo, président de la Commission pour la pastorale des prisons de la Conférence épiscopale, « les racines du phénomène se trouvent dans une culture diffuse de l’impunité et dans l’inefficacité des forces de sécurité ».
Une situation qui, indiquent en chœur les prélats, met en danger la paix et l’harmonie sociale dans le pays. C’est pourquoi, note le texte, le gouvernement devrait réaliser au plus vite une réforme des corps de sécurité et des forces de l’ordre. A ce sujet, les évêques demandent au président Benigno Aquino que la question devienne une priorité inscrite à l’agenda politique national.
De son côté, l’Eglise s’engage à apporter sa contribution afin d’endiguer ce que certains observateurs qualifient de « désastre moral », c’est-à-dire une absence totale d’éducation des consciences des citoyens, qui n’hésitent pas à enfreindre la loi et à se livrer à des actes criminels. Outre la volonté politique, il faut en effet « une mobilisation de la base et une rééducation des consciences dans la société » pour combattre le phénomène, notent les évêques.
Le gouvernement Aquino a hérité d’une situation particulièrement difficile: au cours de la dernière décennie, sous la présidence de Gloria Arroyo, le nombre des exécutions sommaires de militants des droits de l’Homme, de journalistes, de magistrats, d’avocats, de syndicalistes, de religieux a augmenté de manière exponentielle. En huit ans de gouvernement Arroyo, 1’118 victimes d’exécutions sommaires, 1’026 cas de torture, 1’946 arrestations arbitraires, plus de 30’000 agressions et 81’000 épisodes d’intimidation ont été enregistrées. (apic/fides/pa/nd)
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