Il dénonce un «lavage de cerveau à peine dissimulé»

Zurich: Un «libre penseur» part en croisade contre l’enseignement «Religion et culture»

Hombrechtikon (ZH), 21 janvier 2011 (Apic) Un père d’Hombrechtikon, dans le canton de Zurich, craint que l’école n’endoctrine religieusement son fils. Dans une lettre adressée au Département de l’Instruction publique, il dénonce le caractère «bêtement manipulatoire» d’un enseignement. Au centre de la polémique, la branche «Religion et culture» de l’école zurichoise et un dialogue entre deux fœtus dans le ventre de leur mère, indique l’édition du 11 janvier du quotidien «Tages Anzeiger».

Andreas Koch, habitant d’Hombrechtikon et «libre penseur» engagé, n’a pas trouvé à son goût le devoir rapporté par son fils à la maison. La scène, inspirée d’un texte du théologien catholique Henri Nouwen, présente deux fœtus s’interrogeant sur leur avenir. Alors que le premier fœtus, sceptique, ne croit pas en un avenir après la naissance, le deuxième, confiant, pense qu’une nouvelle vie l’attend, près de sa mère.

L’histoire n’est pas sans rappeler certains enseignements du christianisme. Andreas Koch n’apprécie pas, cependant, la référence: «Le texte, comme la consigne étaient orientés de telle manière que la conclusion d’un enfant de 13 ans est: la sagesse, la grandeur, l’intelligence – et par conséquent la vision du monde juste – sont le propre du foetus ’croyant’ alors que le fœtus sceptique est caractérisé par son étroitesse d’esprit.»

Dans une lettre adressée à Regine Aeppli, directrice de l’instruction publique dans le canton de Zurich, le «libre penseur» fustige la caractère «bêtement manipulatoire» du récit. Selon lui, ce «lavage de cerveau à peine dissimulé» viole clairement la promesse du gouvernement de ne tolérer aucun endoctrinement religieux à l’école publique. La position du père de famille est claire: «De tels contenus ne doivent pas appartenir à l’enseignement».

Pas d’endoctrinement

Pour Martin Wendelspiess, chef de l’Office scolaire du canton de Zurich, l’objectif de la branche «Religion et culture» est de promouvoir les connaissances des enfants sur les religions. Dès lors que le dialogue entre les deux fœtus s’inscrit dans un enseignement qui présente d’autres positions – comme celle des agnostiques -, il ne s’agit pas d’endoctrinement, commente-t-il. Et d’ajouter que l’enseignement doit être jugé dans son ensemble et non sur des aspects spécifiques.

Une position partagée par Matthias Borer, directeur de l’école secondaire d’Hombrechtikon, qui affirme au «Tages Anzeiger» que le «libre penseur» a choisi arbitrairement une leçon pour polémiquer sur la branche d’enseignement. Il assure en effet que les méthodes d’enseignement sont très nuancées.

Un enseignement «utile»

N’étant pas engagée dans l’enseignement «Religion et culture», l’Eglise catholique du canton de Zurich ne désire pas prendre position. Elle rappelle cependant prodiguer un enseignement religieux de type catéchétique en dehors du cadre scolaire.

La Conférence des évêques suisses, après avoir souligné qu’un tel enseignement ressort de l’Etat et non de l’Eglise catholique, juge la branche «Religion et culture» «utile», tout spécialement dans un contexte plurireligieux et pour lutter contre «l’analphabétisme du christianisme». Elle souligne qu’un enseignement de type «éthique» ou «culture et religion» a pour objectif «de discuter les questions fondamentales de l’Homme» et que, pour ce faire, il doit présenter les réponses qui émanent tant des religions que de la philosophie, selon «leur importance dans la société».

Un boycott aurait de graves conséquences

De son côté, Andreas Koch ne désire plus que son fils participe au cours «Religion et culture». Il laisse cependant une telle décision dans les mains de l’enfant. Un boycott de l’enseignement «Religion et culture» peut avoir de graves conséquences. Si le fils d’Andreas Koch décide de faire «l’école buissonnière», il sera puni pour avoir séché les cours. Si les parents prennent la responsabilité de lui interdire cet enseignement, une plainte pourrait être déposée contre eux et ils pourraient être soumis à une amende allant jusqu’à 5’000 francs.

Le «libre penseur» n’ignore pas la position de la commune vis-à-vis de ses convictions. En 2009, lorsqu’il a voulu offrir deux livres antireligieux à la bibliothèque communale, il a créé un scandale. (apic/tages anzeiger/amc)

Encadré:

Zurich: Un enseignement qui fait débat

La branche «Religion et culture» a été introduite en 2007-2008 dans le canton de Zurich, sous la forme d’un enseignement obligatoire. Les enseignants de «Religion et culture» ont suivi une formation spécifique, à la Haute école pédagogique de Zurich ou en formation continue.

Les Eglises ont été consultées, tout comme les autres religions, lors de la planification du nouvel enseignement. Elles n’avaient cependant aucun pouvoir décisionnel. Dans le canton, les communautés religieuses ont le droit d’utiliser les salles de classe pour leur propre enseignement.

Selon le «Tages Anzeiger», la nouvelle branche obligatoire a été sévèrement critiquée par les cercles religieux comme par les «libres penseurs». Les partis évangéliques PEV et UDF, avec le soutien de l’UDC, ont tenté d’imposer une catéchèse dans le cadre scolaire, sans succès cependant. Les «libres penseurs» exigent quant à eux que la branche «Religion et culture» soit remplacée par un enseignement éthique neutre. (apic/tages anzeiger/amc)

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