Sénégal: Le président Abdoulaye Wade créé un malaise dans les foyers religieux du pays

116e anniversaire de la déportation du fondateur du mouridisme au Gabon

Dakar, 24 janvier 2011 (Apic) Le président sénégalais, Abdoulaye Wade, a provoqué un mécontentement religieux, en exigeant de ses ministres, le vendredi 21 janvier 2011, d’aller solliciter les prières du khalif général des mourides à Touba (est de Dakar), avant d’entamer leur mission.

Abdoulaye Wade rendait visite, vendredi 21 janvier, à son marabout Cheikh Sidi Mokhtar Mbacké, le khalif général des mourides, à l’occasion de la célébration du 116e anniversaire, le dimanche 23 janvier, de la déportation au Gabon du fondateur de la confrérie, le cheikh Ahmadou Bamba (1853-1927).

Célébration du « Magal »

Le 21 septembre 1895 (le 18e jour du mois lunaire Safar), le cheikh Ahmadou Bamba a été déporté du Sénégal vers le Gabon, par l’administration coloniale française pour « insoumission ». Depuis, les fidèles mourides célèbrent chaque année ce jour anniversaire, connu sous l’appellation du « Magal » (qui signifie rendre hommage, célébrer, magnifier en langue locale wolof).

« Ministres mourides, mais aussi Tidiane ou de toute autre confrérie, désormais, avant d’exécuter les tâches que je vous confie, venez solliciter des prières auprès du khalif des mourides », a déclaré le président Wade aux membres de son gouvernement, présents lors de la rencontre avec le khalif. Selon des médias sénégalais, cette directive s’adresse aussi bien aux ministres musulmans des différentes confréries, qu’à ceux d’autres confessions, chrétiens compris.

Malaise au sein des communautés religieuses

Le gouvernement sénégalais compte près de 40 ministres, dont trois catholiques seulement: Faustin Diatta, ministre des Sports et originaire de la Casamance; Thérèse Coumba Diop, ministre de la Santé et Louis Seck, ministre des Energies renouvelables, tous deux de la région de Thiès à l’est de Dakar.

Les propos du président Wade créent « des frustrations » chez certains Sénégalais non mourides, qui trouvent « ahurissant » qu’il puisse parler de son gouvernement en termes de mourides, Tidiane et chrétiens.

Un chef religieux mouride, cité par le journal en ligne « le Peuple », a estimé qu’une telle injonction du président aurait été « plus louable », s’il demandait à ses ministres de faire la même chose auprès des autres chefs religieux musulmans et chrétiens du pays. Cette injonction met aussi mal à l’aise la communauté mouride, dont le khalif général a pu « rétablir la concorde » entre toutes les confréries musulmanes du pays. Il a d’ailleurs placé l’édition du Magal 2011 sous le signe de l’unité des confréries au Sénégal. A la tête de la confrérie des mourides depuis six mois, il s’est engagé à mettre fin aux éternelles divisions entre confréries.

Le président Wade a également annoncé son intention de décréter « jour férié » le jour du Magal. Cet évènement religieux attire chaque année à Touba, siège de la confrérie mouride, des millions de mourides, de musulmans d’autres confréries et confessions. (apic/com/ibc/ggc)

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