Lausanne: Le collectif «Droit de rester» a coupé les ponts avec les Eglises
Lausanne, 26 janvier 2011 (Apic) Le refuge de la paroisse du Saint-Esprit à Lausanne a été fermé après la rupture du dialogue entre les autorités ecclésiastiques et «Droit de rester». Le collectif lausannois, qui défend les requérants déboutés, n’accepte pas les conditions émises par les Eglises catholique et réformée concernant les deux personnes qui y étaient hébergées. Aucune solution alternative n’aurait pour l’instant été trouvée pour les reloger.
«Le collectif ’Droit de rester’ se voit dans l’obligation de quitter le refuge de la paroisse du Saint-Esprit à Lausanne, ne pouvant pas accepter les conditions posées par les Eglises pour la poursuite de notre collaboration», a indiqué le collectif, le 24 janvier, sur son blog. «Droit de rester» s’oppose à la décision des Eglises de limiter l’accès au refuge à des requérants pour qui des voies de recours sont encore envisageables. Cela impliquait que l’un des deux requérants, hébergés dans la paroisse du Saint-Esprit, devait partir.
Pour le collectif lausannois, qui avait jusqu’ici accepté toutes les conditions fixées par les autorités ecclésiastiques, c’est la goutte qui a fait déborder le vase. «Pendant les 100 jours d’existence du refuge, nous avons accepté les conditions des Eglises à savoir, entre autres, le refus de nous laisser nous installer plus de trois semaines dans le même lieu, nous contraignant à une précarité et nous éloignant des personnes migrantes qu’il est difficile d’informer», écrit «Droit de rester». Les défenseurs des migrants déplorent que les Eglises «jouent ainsi le jeu de l’Etat et de Philippe Leuba», le conseiller d’Etat en charge de l’asile.
Des accusations que Xavier Paillard, vice-président du Conseil synodal de L’Eglise réformée, a réfutées dans les colonnes de «La Liberté» du 25 janvier. Selon lui, si les Eglises ont souhaité, dans un premier temps, fermer le refuge, c’est qu’elles ignoraient que l’autre occupant avait demandé la réouverture de son dossier auprès de l’Office fédéral des migrations. Toujours selon Xavier Paillard, les autorités ecclésiastiques se seraient ravisées après avoir reconsidéré le cas. Dans «La Liberté», le pasteur parle d’un «choix extrêmement douloureux». Il rappelle que les Eglises ont agi dans l’intérêt des personnes, et qu’il n’y a «pas lieu d’accueillir dans des refuges des gens pour qui il n’y a aucun espoir de réouverture de dossier».
Après la rupture du dialogue, le refuge de la paroisse du Saint-Esprit a fermé ses portes, sans qu’une solution alternative n’ait été trouvée. Sur son blog, «Droit de rester» affirme «continuer la lutte» afin de reloger au plus vite les deux requérants, qui se retrouvent à la rue. Il s’agit notamment de chercher d’autres partenaires prêts à leur apporter un soutien. (apic/com/laliberte/nd)
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