Lugano: L’Amérique latine vit surtout une crise politique, selon Mgr Maradiaga
Lugano, 26 janvier 2011 (Apic) Le cardinal salésien Oscar A. R. Maradiaga, archevêque de Tegucigalpa au Honduras, a donné une conférence publique sur le thème: «La passion éducative: émergence culturelle et rachat évangélique», le 25 janvier 2011 à Lugano, à l’occasion de la fête de saint Jean Bosco. Il s’est confié au «Giornale del Popolo». Florilèges…
Mgr Maradiaga, archevêque de Tegucigalpa au Honduras, a donné son analyse de l’Amérique latine: une Eglise vivante et proche des gens sur un continent confronté au socialisme du XXIe siècle de Chavez, aux trafiquants de drogue, aux récentes attaques contre l’institution du mariage, et aux menaces contre la vie et la liberté des prêtres, des évêques et des agents pastoraux qui parlent ouvertement.
L’archevêque de Tegucigalpa a évoqué le projet de mission continentale, qui a vu le jour à la suite de la Conférence des évêques d’Amérique latine à Aparecida, en 2007. Concrètement, la mission continentale signifie «ne pas rester assis, attendant que les fidèles viennent à la paroisse, mais sortir et dialoguer avec le monde qui change», a-t-il confié au quotidien tessinois.
La «théologie de la libération» – qui connaît diverses tendances a précisé le prélat – a aujourd’hui encore des répercussions positives, par exemple la proximité du clergé avec la population et les communautés ecclésiales de base. En Amérique latine, les paroisses sont essentiellement organisées en petites communautés, a rappelé le cardinal. Après la publication de la Constitution dogmatique «Dei Verbum» (en 1965 lors du Concile Vatican II), ces petites communautés sont devenues de véritables centres d’étude, de lecture et de prière à partir du texte biblique.
Pour le primat, l’Amérique latine n’a pas un modèle politique, c’est pourquoi elle traverse non seulement une crise économique. «En Amérique latine, les gouvernements démocratiques n’augmentent pas, mais plutôt ce que j’appelle «des dictatures démocratiques», parce que celui qui arrive au pouvoir s’empare de tous les pouvoirs, faisant disparaître la liberté, limitant les moyens de communication, exerçant des pressions sur qui désapprouve». Malheureusement, il n’y a aucune alternative au modèle socialiste, a précisé Mgr Maradiaga. La politique est conçue comme une industrie, a-t-il poursuivi. On en fait pour s’enrichir, laissant la majorité de la population s’appauvrir. Selon le prélat, il manque une vraie préoccupation pour le bien commun.
La situation de Cuba est connue. Par contre, au Venezuela, en Equateur et en Bolivie, il n’y a pas une persécution claire; mais une hostilité qui provient du modèle politique totalitaire, a dit le cardinal. «Qui ne pense pas comme le pouvoir est considéré comme un ennemi à détruire. On peut dès lors parler de violation de la liberté religieuse», selon l’archevêque de Tegucigalpa. Violations que l’on retrouve avec le monde de la drogue. Car qui risque une critique ou dénonce ce commerce comme immoral est, de fait, condamné à mort. De nombreux prêtres et évêques sont menacés, a encore rappelé le cardinal Maradiaga.
De son côté, le prélat a personnellement été victime du système, lorsqu’il a défendu l’institution du mariage comme l’union d’un homme et d’une femme. (apic/GdP/cv/ggc)
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