France: Une enquête exclusive TNS Sofres sur «Les Français et la presse catholique»
Annecy, 31 janvier 2011 (Apic) «La presse catholique, c’est d’abord de la presse, ce n’est pas avant tout une courroie de transmission de la hiérarchie…». Commentant l’enquête exclusive de l’institut d’études marketing et d’opinion TNS Sofres sur «Les Français et la presse catholique», le sociologue Jean-François Barbier-Bouvet a reconnu que la presse catholique avait un certain déficit de notoriété auprès de son public cible. Malgré tout, estime-t-il, considérant le lectorat de cette presse connue par 44% des Français, «ce ne sont pas des chiffres négligeables».
Docteur en sociologie, spécialiste des médias et des pratiques culturelles, (il a notamment travaillé comme directeur des études de Bayard Presse puis du groupe Le Monde), Jean-François Barbier-Bouvet a présenté jeudi 27 janvier à Annecy (*) les résultats du sondage TNS Sofres sur «Les Français et la presse catholique». Commandé par la Fédération française de la presse catholique (FFPC), il a été réalisé fin novembre dernier auprès d’un échantillon national de 1000 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Les sondés ont été interrogés face à face à leur domicile.
Rappelons tout d’abord que si la France a longtemps été appelée la «Fille aînée de l’Eglise», désormais 35,5% des Français se déclarent sans religion et 6,5% appartiennent à une autre religion que le catholicisme. De fait, il n’y a plus en France que 7% de catholiques réguliers, c’est-à-dire qui vont à la messe au moins une fois par mois, auxquels s’ajoutent 10% de pratiquants occasionnels (qui participent aux grandes fêtes ou autres événements religieux).
A la grande surprise, les catholiques «culturels» – les 41% des Français qui se déclarent catholiques mais ne pratiquent absolument pas – ont un rapport à la presse catholique très proche des sans religion. Ils se différencient ainsi fortement de l’attitude des catholiques pratiquants.
Alors que 70% des catholiques pratiquants connaissent la presse catholique, ils sont 37% chez les sans religion et seulement 42% chez les «cathos culturels». Mais il y a tout de même 30% des catholiques pratiquants qui affirment ne pas connaître la presse catholique, alors qu’ils appartiennent au «cœur de cible» des médias catholiques. «Il s’agit là d’un déficit de notoriété», souligne Jean-François Barbier-Bouvet.
Quant à savoir s’ils ont déjà tenu en mains un des titres de la presse catholique, ils sont 12% dans ce cas chez les sans religion, 18% chez les «cathos culturels», contre 58% chez les pratiquants. Les catholiques pratiquants sont 40% à lire de la presse catholique (58% chez les catholiques pratiquants réguliers, 27% chez les pratiquants occasionnels). «Rapporté au score d’autres journaux ›à centre d’intérêt’ au sein de leur population naturellement destinataire, c’est loin d’être négligeable», relève J.-F. Barbier-Bouvet.
Le sociologue relève que si tous les catholiques ne lisent pas la presse catholique, «tous ceux qui la lisent ne sont pas forcément catholiques: malgré un centre de gravité sociologique très logiquement ›cathocentré’, la presse catholique trouve aussi des lecteurs au-delà de son bassin naturel de recrutement», insiste-t-il. Le sondage montre que ces lecteurs non-catholiques, donc atypiques, forment tout de même le 15% du lectorat (contre 63% de catholiques pratiquants et 22% de catholiques dits «culturels»).
On notera encore que dans le lectorat de la presse catholique, les femmes forment les 2/3, tandis que deux lecteurs sur trois ont plus de 50 ans. On trouve très peu de lecteurs de moins de 35 ans (seulement 7% sont âgés de 18 à 34 ans). La majorité du lectorat (52%) est composée d’inactifs (notamment retraités). Chez les actifs, on compte deux fois plus de personnes issues des classes moyennes et supérieures que des classes populaires.
Interrogés sur les fonctions de la presse catholique, les sondés ont répondu dans leur très large majorité qu’il s’agissait d’abord de faire partager, au-delà du seul public catholique, un regard différent sur le monde (61%). Ils sont près du même nombre (59%) à estimer que la presse catholique doit permettre aux catholiques de s’informer et de débattre des sujets qui concernent la vie de l’Eglise et de la société. Les différents titres de la presse catholique doivent exprimer leur propre point de vue, même s’ils sont parfois en décalage avec l’enseignement de l’Eglise, avis partagé par 68% des lecteurs.
Ils sont par contre moins nombreux à souhaiter que la presse catholique permette à la communauté catholique de donner son point de vue dans le débat public (30%) tandis que l’idée que la presse catholique soit la courroie de transmission de la hiérarchie vient encore plus loin derrière (22%).
Si les sondés dans leur majorité considèrent que la presse catholique n’est pas vraiment un presse moderne et dynamique, ils estiment par contre que c’est «une presse proche, engagée et ouverte».
(*) A Annecy, les 27 et 28 janvier, lors des 15e Journées d’études François de Sales, quelque 220 professionnels des médias catholiques venus de toutes les régions de France, avec une poignée de journalistes de Suisse, du Québec, de Belgique et même d’Afrique du Sud, ont planché sur le rôle de la presse catholique dans la société et dans l’Eglise. (apic/be)
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