Grande Bretagne: Armée du Salut critiquée

Pratiques commerciales mises en cause

Londres, 1er février 2011 (Apic) L’Armée du Salut de Grande Bretagne a, selon «The Guardian» du 31 janvier, vendu à un sous-traitant d’Europe de l’Est des vieux dons de vêtements, pour une valeur de plusieurs millions d’euros. Elle aurait cédé en tout 4’500 dépôts de vieux vêtements à une société privée.

La Société Kettering Textiles Limited (KTL) travaille, selon «The Guardian», exclusivement pour le compte de l’Armée du Salut et récolte chaque mois 2’500 tonnes de vêtements usagés, qu’elle revend à des grossistes des pays de l’Est. D’après le journal, l’activité est très lucrative: le propriétaire de KTL, Nigel Hanger, aurait gagné, durant les 5 dernières années, environs 6 millions d’euros (7,7 millions de francs suisses), dont près de 2 millions d’euros (2,5 millions de francs suisses) l’an passé. L’Armée du Salut aurait elle-même engrangé, durant les trois dernières années, quelque 19 millions d’euros (24, 3 millions de francs).

Profits justifiés?

L’Armée du Salut a défendu l’accord passé avec la firme et déclaré que les sommes énoncées correspondaient à des «frais d’administration». Il faut accepter, d’après elle, que les entreprises et les partenaires de recyclage de vêtements avec lesquels nous travaillons sont de grandes entreprises commerciales, qui nous fournissent des moyens importants pour la réalisation de notre tâche quotidienne», a affirmé David Hinton, directeur administratif de l’Armée du Salut. Il serait naïf, selon lui, de penser qu’une telle entreprise n’engendre pas de coûts administratifs. Mais la situation est plus complexe, d’après les enquêtes de «The Guardian», du fait que Nigel Hanger, patron de KTL, siège au conseil d’administration de l’Armée du Salut.

Ce dernier a déclaré au journal qu’en tant qu’homme d’affaires, il avait le droit de faire des bénéfices. Les chiffres élevés des profits des dernières années sont dus à la hausse des prix des textiles usagés dans le commerce international. Un porte-parole du ministère des organisations de bienfaisance a exigé une clarification immédiate de la situation. La «Charities Commission», dépendant des autorités de réglementation, a ouvert une enquête. (apic/kna/bal/js)

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