Zurich: Nouvelle structure financière de l’Eglise catholique en Suisse

Meilleure participation des évêques

Zurich, 8 février 2011 (Apic) Depuis le début de l’année 2011, l’entrée en vigueur de la nouvelle structure financière de l’Eglise catholique en Suisse permet aux évêques d’être mieux pris en compte dans l’ensemble des tâches qui incombent à l’Eglise. C’est ce qu’ont déclaré, dans une interview à l’Apic, Wener Huber, ancien président de la «Gemischte Expertenkommission Inland FO/RKZ» (Geki) (1), et Daniel Kosch, secrétaire général de la Römisch-Katholische Zentral- konferenz der Schweiz (RKZ) (2).

Selon Werner Huber et Daniel Kosch, le changement de structure financière dans l’Eglise catholique en Suisse s’est fait en douceur, à la fin de l’année passée. Le Geki a mis un terme à ses activités. Le cofinancement de l’ensemble des tâches de l’Eglise catholique sera désormais géré par la «Paritärische Planungs- und Finanzierungskommission» (PPFK) (3) et par des groupes spécialisés.

Les groupes spécialisés sont présidés par des représentants de la RKZ. Ce sont des chrétiens laïcs, comme par le passé. La PPFK est présidé par un évêque, actuellement Mgr Pierre Farine, administrateur du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg (LGF). Cinq membres désignés par l’Action de Carême et cinq par les évêques siègent dans la nouvelle structure.

Les paroisses sont une base insuffisante pour gérer les finances

Avant le Concile Vatican II, la structure du catholicisme fondé sur la paroisse était en vigueur pour toutes les questions financières. A la suite du Concile, des institutions spécialisées et des Commissions ont pris le relais pour assumer les besoins relatifs aux tâches suprarégionales. La Conférence des évêques suisses (CES) n’avait pas les outils nécessaires pour cette tâche. Le Geki et le cofinancement par Action de Carème et la RKZ ont trouvé le remède à cette situation.

A partir de 1971, le Geki comptait trois partenaires: la Conférence des évêques, l’Action de Carême, qui a apporté son savoir-faire, et la RKZ. Dans cette dernière, siégeaient avant tout des experts financiers. «Il faut bien le voir: les évêques ont profité du savoir apporté par les différents spécialistes membres de ce nouvel organisme», déclare l’ancien président du Geki.

Simplification des structures

Cette Commission comprenait 19 membres (8 issus de l’Action de Carême, 8 de la RKZ, et 3 de la CES). Elle formulait des propositions à ces trois organismes. C’était l’Action de Carême et la RKZ qui prenaient les décisions finales sur le financement des tâches globales de l’Eglise en Suisse. Cela en fonction des moyens financiers à leur disposition.

Après une grave crise au sein de l’Action de Carême, qui a abouti au départ de sa directrice, Anne-Marie Holenstein, s’est fait sentir la nécessité de simplifier les structures, avec moins d’institutions et davantage d’argent. L’idée que le côté pastoral, représenté par les évêques, et le secteur financier devaient mieux collaborer s’est développée dans l’Eglise. C’est ainsi qu’est née la PPFK. Werner Huber affirme: «De mon point de vue, la PPFK était dès le début un succès.» Comme le Geki s’était toujours dit favorable à des structures plus simples dans l’Eglise, il a lui-même procédé à sa propre dissolution.

Pression financière

Le point de départ pour la création de la PPFK était la situation de concurrence entre les besoins pastoraux, avant tout introduits par les évêques, et les possibilités financières dont l’engagement croissant de laïcs dans les organisations d’Eglise montre les limites.

La pression financière rendait de plus nécessaire de définir davantage les priorités. D’après Daniel Kosch, «au Geki, l’aspect pastoral était trop faiblement représenté. Il en va autrement dans la PPFK». Cet organisme correspond aussi mieux aux développements modernes dans le domaine de la gestion, tout en réalisant les exigences de l’Eglise.

Fructueux processus d’apprentissage

La création de la PPFK a permis de mieux associer les évêques à la responsabilité des décisions financières. Ce sont eux qui en assument la présidence. Ils peuvent ainsi mieux exposer les priorités pastorales, affirme Werner Huber. Daniel Kosch renchérit: «Il y a parfois des décisions désagréables à prendre. Nous devons faire des économies. Nous devons abandonner nos chères habitudes et tâches habituelles. Si, maintenant, tous sont partie prenante de la responsabilité, personne ne peut se soustraire aux siennes.» De cette manière, les évêques doivent directement se confronter aux disponibilités financières de l’Eglise catholique en Suisse. Le secrétaire général de la RKZ espère que cela conduira «à un fructueux processus d’apprentissage».

L’Eglise ne peut pas fonctionner ainsi

Jetant un regard rétrospectif sur son travail comme président du Geki, Werner Huber constate avec étonnement et regret «avec quelle attitude certains évêques rencontraient des personnes qui avaient de hautes responsabilités dans la société. J’ai dû apprendre sur le vif comment on interagissait, sans forme et parfois illégalement, avec les personnes. En tant que juge, j’étais particulièrement sensible à ces questions». La relation de certains évêques avec la Ligue suisse de femmes catholiques le laissait aussi dans un profond malaise: «Pour moi, c’était incompréhensible que certains évêques aient critiqué cette association et ne l’aient soutenu qu’à contrecoeur. Notre Eglise ne peut pas fonctionner de cette manière.»

(1) Commission d’experts mixte pour le secteur suisse de l’Action de Carême et de CCCRS.

(2) Conférence centrale catholique romaine de Suisse (CCCRS)

(3) Commission paritaire de planification et de financement de la Conférence des évêques suisses (CES) et de l’Action de Carême (AdC) et de la CCCRS.

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