Un pèlerinage fait de rencontre avec différentes nations et religions
Fribourg, 9 février 2011 (Apic) Quatre Suisses se rendront à pied dès le 2 juin de la Maison Lassalle à Bad Schönbrunn (Zoug) à Jérusalem. Ils veulent arriver à la crèche de Bethléem pour Noël. La rencontre avec différentes nations et religions se trouve au centre de leur pèlerinage.
L’Apic a rencontré deux de ces quatre pèlerins, la théologienne Hildegard Aepli et le Professeur de théologie Franz Mali, qui enseigne la patristique et l’histoire de l’Eglise ancienne à l’Université de Fribourg.
5’000 kilomètres à pieds, de quoi user quelques paires de souliers, mais pas le moral des deux théologiens, qui seront accompagnés de l’assistante pastorale Esther Rüthemann et du jésuite Christian Rutishauser. « Plus notre projet devient connu, plus de personnes ayant déjà effectué ce pèlerinage à pieds s’annoncent chez nous », raconte Franz Mali. « Nous ne sommes donc clairement pas les premiers ».
Les pèlerins traverseront 9 pays et tout autant de langues différentes. L’idée de ce voyage est venue de Christian Rutishauser, responsable de la formation à la Maison Lassalle, tenue par les jésuites à Bad Schönbrunn. « Il a le projet de se rendre à pieds à Jérusalem depuis qu’il est jeune », affirme Hildegard Aepli, responsable du Salesianum à Fribourg. A l’origine, il voulait entreprendre ce pèlerinage avec un groupe interreligieux. Mais après avoir contacté plusieurs musulmans et juifs, il s’est avéré que personne parmi eux n’avait le temps de réaliser ce long voyage. Pour des familles, par exemple, l’absence d’un des parents durant une demi année représente un obstacle quasi insurmontable. Lors d’une rencontre avec des étudiants, il pose carrément la question: « Hildegard, veux-tu venir avec moi à Jérusalem? ». Sa motivation a été immédiate. De même, Franz Mali et Esther Rüthemann ont accepté sans hésiter, affirme Hildegard Aepli.
Mais pour la réalisation de ce voyage de plus de 6 mois, le groupe a dû chercher d’innombrables solutions pour fixer le temps de vacances nécessaire. Hildegard Aepli a même décidé de démissionner de son poste de responsable de la Maison pour étudiants Convict Salesianum à Fribourg et de démarrer avec une nouvelle activité professionnelle à son retour de Jérusalem.
Franz Mali et Esther Rüthemann ne se sont encore jamais rendus en Israël, ni en Palestine. « La situation politique sur place m’en a empêché », lance Franz Mali. « Et je n’ai pas envie d’atterrir sur place comme touriste, rester deux semaines, voir simplement de belles choses et les prendre en photos. Me rendre à pieds et me rapprocher de ce pays constitue pour moi une marque de respect ». Il a aussi plaidé en faveur d’une traversée des Balkans, car les rencontres dans ces territoires autrefois et actuellement en crise font partie du projet.
Le « noyau » de ce projet, comme ils s’appellent, tient à ce que ce pèlerinage ait un certain rayonnement. En novembre 2010, le groupe a entamé une série de quatre week-ends sur les thèmes: interreligieux, politique et spiritualité, en lien avec leur pèlerinage. Et chaque mois, un des quatre membres organise une journée de pèlerinage avec une réflexion spirituelle.
Le « noyau » ne partira pas seul, le 2 juin. Plusieurs personnes se sont annoncées pour marcher la première semaine, jusqu’à Müstair, dans les Grisons. A Istanbul, à la mi-septembre, les quatre pèlerins participeront à un colloque interreligieux, en compagnie d’autres Suisses et d’autochtones. De même, le groupe s’agrandira les jours qui précèdent Noël. Et peut-être même durant la dernière étape, de Amman en Jordanie à Jérusalem. Tous seront invités à une conférence sur la paix de deux jours à Jérusalem, qui est préparée depuis la Suisse.
Et pour ceux qui ne peuvent effectuer ces déplacements et souhaitent accompagner d’une autre façon le pèlerinage, la Maison Lassalle propose chaque jour des exercices de spiritualité ignacienne. Les participants peuvent ainsi accompagner les pèlerins durant leurs étapes journalières de 30 kilomètres. Il sera également possible de suivre les déplacements du groupe sur un site internet. Une carte sur la page de garde du site internet de l’Université de Fribourg, où enseigne Franz Mali, sera régulièrement actualisé et permettra de cheminer visuellement avec les pèlerins. Un échange d’impressions et de messages pourra se faire sur un blogue. Pour autant que le groupe rencontre de temps à autre un café internet ou un hôte connecté sur le net.
Le chemin le plus rapide n’est pas forcément le plus indiqué. Ainsi, explique Hildegard Aepli, le groupe a dû éviter la Bosnie Herzégovine, dont certaines régions sont truffées de mines, pour traverser la Croatie et la Serbie. En Slavonie orientale, ils ne devront pas quitter les chemins balisés, pour les mêmes raisons. Sinon, les renseignements que le groupe a récoltés auprès d’autres pèlerins sont très divers. Certains ont rencontré des difficultés en Syrie, d’autre pas du tout. « Je pense que nous aurons des difficultés là où nous n’en attendons absolument pas », affirme Hildegard Aepli.
Note: Des informations détaillées en allemand sur ce pèlerinage se trouvent sur le site internet de la Maison Lassalle www.lassalle-haus.org
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