Rome: Radio Vatican doit s’investir dans les nouveaux médias

Des interlocuteurs et non des concurrents

Rome, 11 février 2011 (Apic) A 2 jours des 80 ans de Radio Vatican, née le 12 février 1931, Mgr Peter Bryan Wells, assesseur pour les affaires générales de la Secrétairerie d’Etat, a soutenu que «les médias classiques, dont la radio, ne (pouvaient) pas faire abstraction de la puissance et de l’influence des nouveaux médias». Lors de la présentation de l’exposition prévue pour cet anniversaire, intitulée ’Le tour du monde en 80 ans’, le prélat américain a souhaité que la radio du pape soit un «phare» pour toutes les autres radios catholiques, a rapporté l’agence I.MEDIA.

Dans une «brève réflexion centrée sur les défis de l’avenir, fort des succès du passé», Mgr Wells a ainsi estimé que «les médias classiques, dont la radio, ne (pouvaient) pas faire abstraction de la puissance et de l’influence des nouveaux médias, alors qu’une véritable révolution est en cours dans le monde des médias d’aujourd’hui». A ses yeux, «les nouveaux moyens de communication doivent être considérés comme des interlocuteurs et non comme des concurrents». Et d’ajouter: «La mondialisation médiatique ne peut pas nous faire peur, parce que c’est nous qui en avons été les premiers artisans».

La radio, en particulier, «doit considérer les nouveaux médias comme une opportunité et non comme une menace», a-t-il renchéri. En effet, selon Mgr Wells, «ce bouleversement, aussi bien technique que culturel, implique directement la radio, tant en ce qui concerne les aspects technologiques, qu’en ce qui concerne les contenus».

Toutefois, a mis en garde ce responsable de la Secrétairerie d’Etat, cette puissance des nouveaux médias peut avoir des conséquences néfastes, comme le «syndrome d’accoutumance au téléphone portable». Ce dernier, depuis l’apparition des smartphone, peut «aller jusqu’à imposer à celui qui en souffre de renoncer à se nourrir plutôt que de se séparer de cet instrument».

Phénomènes de masse

Mgr Wells a aussi mis en évidence combien «les nouveaux médias ont catalysé des phénomènes sociaux de masse dans la sphère publique, telle que la ’Manifestation de la honte’ en Belgique et la ’révolution de Jasmin’ en Tunisie». Il faisait allusion au défilé, le 23 janvier 2011 à Bruxelles, de quelque 30’000 personnes dénonçant la crise politique et demandant la formation d’un gouvernement, ainsi qu’aux émeutes qui secouent la Tunisie depuis le 17 décembre 2010, et qui ont abouti à la chute du président Ben Ali.

«Ces événements montrent que les services d’émission radiophonique ne peuvent pas ne pas prendre en considération l’émergence d’une série d’autres instruments technologiques, du podcast à l’iPad, des réseaux sociaux comme Facebook à la messagerie instantanée comme Twitter».

Un exemple, un phare, un guide

Dans son intervention, le haut responsable de la Secrétairerie d’Etat a particulièrement insisté sur le rôle de Radio Vatican. Ainsi, la radio du pape «doit être la voix de l’Eglise pour contrecarrer ceux qui affirment que l’Eglise n’est pas capable de se rénover de l’intérieur, démontrant cependant la volonté inlassable de purification manifestée par son pasteur suprême (le pape, ndlr). Radio Vatican doit être la voix qui promeut la liberté religieuse dans le monde. Radio Vatican doit être la voix qui appelle au dialogue et à la concorde dans un monde qui a de plus en plus recours à la haine et à la violence pour résoudre les conflits».

Ainsi, aux yeux de Mgr Wells, «Radio Vatican a un rôle d’exemple, de phare, de guide pour toutes les autres radios catholiques». «L’utilisation de nouveaux instruments technologiques, a-t-il ensuite assuré, pourra donc permettre que Radio Vatican fournisse des idées et des services à ses consoeurs». (apic/imedia/cp/ggc)

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