Le refus d’un système qui détruit tout sur son passage
Dakar, 11 février 2011 (Apic) Les mouvements sociaux du monde entier ont appelé à une journée d’action globale contre le capitalisme le 12 octobre 2011. Ils ont prévu, à cette occasion, d’exprimer de toutes les manières possibles leur «refus d’un système qui est en train de détruire tout sur son passage».
Dans leur déclaration finale, publiée à l’issue du 10e Forum social mondial de Dakar (FSM), les mouvements sociaux ont fustigé la recherche du profit maximum et la cooptation qu’exercent les acteurs du système capitaliste, à travers le financement de secteurs sociaux servant leurs intérêts, et leurs pratiques «assistentialistes» qui génèrent la dépendance. Les acteurs du système capitaliste cités sont les banques, les sociétés transnationales, les grands médias, les institutions internationales qui, à la recherche du profit maximum, continuent leur politique interventionniste via des guerres, des occupations militaires, des supposées missions humanitaires, la création de bases militaires, le pillage des ressources naturelles, l’exploitation des peuples, la manipulation idéologique.
Selon la déclaration, le capitalisme détruit la vie quotidienne des populations. «Nous affirmons que nous, les peuples, ne devons plus payer pour leur crise et qu’il n’y a pas d’issue à cette crise au sein du système capitaliste», ont souligné les quelque 40 à 45’000 altermondialistes du FSM. Ils ont réaffirmé la nécessité de construire «une stratégie commune» contre les transnationales qui soutiennent le système capitaliste, privatisent la vie, les services publics et les biens communs: eau, air, terre, semences, ressources minérales. En outre, elles font la promotion des guerres, par le biais de l’engagement «d’entreprises privées et mercenaires», ainsi que par la production d’armes, la reproduction de «pratiques extractivistes» nuisibles à la vie, l’accaparement des terres et le développent de semences et aliments transgéniques qui enlèvent aux peuples le droit à l’alimentation et détruisent la biodiversité.
Les participants ont défendu la souveraineté alimentaire et l’accord conclu lors du sommet des peuples contre le changement climatique de Cochabamba, au Mexique, «où des véritables alternatives à la crise climatique ont été construites avec les mouvements sociaux et organisations du monde entier». Ils ont qualifié le réchauffement global de la terre de «produit du système capitaliste de production, distribution et consommation». Ils se sont insurgés contre le «capitalisme vert», refusant «les fausses solutions à la crise climatique», tels que les agrocarburants, les organismes génétiquement modifiés et les mécanismes de marché de carbone, «qui font miroiter aux populations appauvries des progrès, tout en privatisant et transformant en marchandises les forêts et territoires où ces populations ont vécu pendant des millénaires».
Les mouvements du FSM ont aussi exigé la souveraineté des peuples dans la définition de leur mode de vie, la mise en place de politiques qui protègent les productions locales, donnent une dignité aux tâches agricoles et conservent les valeurs ancestrales de la vie. Dans ce cadre, ils ont critiqué les traités «néolibéraux» de libre échange, réclamant la liberté de circulation pour tous les êtres humains.
Dans le domaine économique et financier, ils ont renouvelé leur mobilisation pour l’annulation «inconditionnelle» de la dette publique de tous les pays du Sud, tout en rejetant, dans les pays du Nord, l’utilisation de la dette publique pour imposer aux peuples des politiques injustes et anti-sociales. «Mobilisons nous massivement à l’occasion des réunions des G8 et G20 pour dire non à ces politiques qui nous traitent comme des marchandises!», ont-ils lancé. (apic/ibc/bb)
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