En raquettes chez les chanoines du Grand-Saint-Bernard
Hospice du Simplon, le 14 février 2011 (Apic) – Les 12 et 13 février 2011, les adolescents entre 13 et 16 ans se retrouvaient à l’hospice du Simplon, pour la troisième année consécutive. La jeunesse valaisanne s’en est allée en pèlerinage à la montagne, accompagnée de quelques fribourgeois. Elle a répondu à l’appel des chanoines.
L’habituel pèlerinage des jeunes au Grand-Saint-Bernard n’a jamais vraiment convenu aux plus jeunes d’entre eux, nous confie le chanoine Jean-Pascal Genoud. Il a eu l’idée, il y a deux ans, d’inviter les « ados » à l’hospice du Simplon, plus facile d’accès, leur réservant un programme d’activités mieux adapté à leur âge. Ce fut d’emblée un succès. Cette année encore, ils étaient un peu plus de cent, encadrés par une vingtaine d’animateurs sous la houlette de Romaine Sierro, du Service Diocésain de la Jeunesse (SDJ – diocèse de Sion), et d’Emmanuel Theler, l’animateur jeunesse « maison » des chanoines du Grand-Saint-Bernard.
La thématique de ce pèlerinage portait sur les vertus théologales: la Foi, l’Espérance et la Charité. La vie du chrétien repose sur elles trois réunies. On rit lorsque Emmanuel Theler nous l’enseigne en s’asseyant sur un trépied, dont il a eu la drôle d’idée de scier l’une des trois pattes: le voilà basculant aussitôt par terre. Il en va de même dans la vie spirituelle. La chute guette si l’on ne cultive pas les trois vertus ensemble. Dieu nous donne la foi à la façon d’une corde lancée au travers d’un voile de mystère. A nous de nous y cramponner, par beau temps comme par gros temps, et de rester ainsi ancrés en Dieu. Sans oublier de lancer à notre tour la corde qu’il nous reste, pendante derrière nous, vers ceux qui nous entourent. La Croix, l’Ancre et le Coeur symbolisent ces trois vertus, si chères aux chanoines du Grand-Saint-Bernard, qu’ils en ont fait leur emblème.
Imaginez la messe dominicale quelque part dans la montagne; une foule d’adolescents rassemblés en cercle, chacun assis sur son trépied, dans la neige et raquettes aux pieds. Au milieu d’eux, le Père Jean-Pascal Genoud, lequel lance à la ronde une épaisse corde noueuse style amarre de bateau, tout en prêchant, le porte-voix aux lèvres. Vous aurez alors une bonne image de ce week-end hors norme, profondément spirituel et ludique.
L’origine de l’hospice du Simplon remonte à Napoléon. Après Marengo et cette invraisemblable stratégie de franchir les Alpes au col du Grand-Saint-Bernard, avec la troupe, la cavalerie et l’artillerie, Bonaparte chercha une voie mieux assurée. Il ordonna aux chanoines du Grand-Saint-Bernard l’édification et l’entretien d’un hospice au col du Simplon. Si depuis ce temps l’Empire napoléonien n’est plus, les chanoines demeurent, fidèles au poste bien que la mission ait changé. Il ne s’agit plus de sécuriser la route des Alpes, mais d’accueillir, dans une heureuse cordialité, les montagnards, ceux qui visent les sommets et ceux qui cheminent vers Dieu. Ainsi a-t-on surpris à la table de ping-pong, le prieur de l’hospice, le Père Daniel Salzgeber, pongiste confirmé, raquette en porte-plume, donner la raclée à toute cette joyeuse jeunesse en pélé, avant de passer à la table eucharistique. (apic/com/pf/ggc)
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