Tunisie: Le meurtrier présumé du prêtre polonais Marek Rybinski a été arrêté

L’arrestation fait suite à une vague d’indignation

Tunis, 23 février 2011 (Apic) Le gouvernement tunisien a annoncé l’arrestation du meurtrier présumé du jeune prêtre polonais de 34 ans, Marek Rybinski, retrouvé mort le 18 février dernier, a rapporté le quotidien gouvernemental tunisien « La Presse », le 22 février 2011, reprenant une dépêche de l’Agence de presse officielle, TAP (Tunis Afrique presse). Un assassinat qui a par ailleurs été vivement condamné dans tout le pays.

Le 21 février 2011, les autorités tunisiennes ont annoncé avoir arrêté l’assassin présumé du prêtre polonais. Il s’agit d’un tunisien qui travaillait comme menuisier dans l’école salésienne de Manouba, à Tunis, où le prêtre a été découvert sans vie, a rapporté l’agence TAP. Le ministère de l’Intérieur, cité par les agences de presse AFP (Agence France presse) et TAP, a annoncé que « la brigade criminelle a découvert celui qui a commis le meurtre du prêtre polonais. Il s’agit de Chokri Ben Mustapha Bel-Sadek El-Mestiri, de nationalité tunisienne, né le 16 juin 1967 ». « La découverte du meurtrier a eu lieu suite à une enquête sur les ouvriers et les administrateurs de l’école », a encore précisé le ministère dans son communiqué.

Vives réactions

L’assassinat de ce missionnaire salésien polonais avait auparavant été vivement condamné à travers tout les pays. Première à réagir, l’Organisation arabe pour l’éducation, la culture et les sciences (ALECSO) avait fait part de sa « ferme condamnation » de cet assassinat. « Ce crime hideux est un acte sauvage, qui n’a pas visé uniquement le Père Rybinski, mais aussi les principes humanitaires et les nobles valeurs qui distinguent la Tunisie: celles de la modération et du juste milieu», avait souligné l’ALECSO. Elle avait par ailleurs exhorté l’ensemble de la société tunisienne à condamner « ce crime odieux » et à agir aux niveaux « moral et politique », pour éviter que de tels actes ne se reproduisent.

La Ligue tunisienne pour la défense des droits de l’Homme (LTDH) avait, pour sa part, qualifié cet acte de « crime odieux, qui va à l’encontre de l’esprit de tolérance et de respect de la liberté du culte, qui caractérisent les Tunisiens à travers l’histoire ». Dans un communiqué, le comité directeur de la Ligue avait réclamé l’ouverture immédiate d’une enquête pour « faire la lumière sur la nature de ce crime, arrêter ses auteurs et ses commanditaires, et les traduire devant la justice, dans les plus brefs délais ». La LTDH avait aussi appelé le gouvernement provisoire à assurer la sécurité dans les lieux de culte et celle de toutes les personnes menacées pour leurs croyances religieuses. Elle avait aussi dénoncé les slogans scandés, la semaine dernière, devant la synagogue de Tunis, comme étant racistes, tout en relevant qu’ils portaient atteinte à la « liberté du culte et à l’exercice de la foi ».

Pour sa part, le Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT) avait « vivement » fustigé l’assassinat de Marek Rybinski. Une meurtre « lâche et odieux, perpétré dans le but d’inciter à la haine entre les religions, dans le cadre de tentatives de déstabiliser le pays et de terroriser les citoyens », avait-il écrit dans un communiqué. Le CNLT avait demandé aux Tunisiens de faire preuve de « davantage de vigilance et de barrer la route à tous ceux qui cherchent à porter atteinte à la révolution pacifique ». Il avait aussi réclamé la constitution d’une commission d’enquête pour démasquer les auteurs du crime et leurs commanditaires et leur traduction devant la justice. (apic/ibc/nd)

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