Renouer le dialogue entre gouvernement et rebelles
Dakar, 25 février 2011 (Apic) L’archevêque de Dakar, le cardinal Théodore Adrien Sarr, a entrepris une mission de bons offices entre l’Etat sénégalais et les rebelles du Mouvement démocratique des forces de Casamance (MFDC). Ces derniers luttent pour l’indépendance de la province sud du Sénégal depuis décembre 1983. Les relations sont actuellement tendues entre le Sénégal et la Gambie, suspectée d’apporter un soutien matériel aux guérilléros.
Selon plusieurs médias en Casamance, l’initiative du chef de l’Eglise catholique du Sénégal «suscite de l’espoir» dans la région, car il est considéré comme l’une des rares personnalités du pays en qui le MFDC, dans sa composante politique et militaire «continue à faire confiance».
Le cardinal Sarr s’est rendu discrètement à Ziguinchor, le 22 février, pour «poser l’acte d’espoir susceptible de mener à une paix qui se fait de plus en plus désirer en Casamance». Durant sa visite de quelques heures à Ziguinchor, chef lieu de la région, il a rencontré, «à l’abri de tout regard», l’imam de la grande mosquée, les représentants des ailes politique et militaire du MFDC, ainsi qu’avec les représentants de l’état, dont le gouverneur de région. Toutes ces rencontres ont un «dénominateur commun: renouer le fil du dialogue entre l’Etat et le mouvement séparatiste casamançais». Rien n’a filtré de ces entretiens.
La mission du cardinal Sarr intervient à un moment où la situation s’est dégradée en Casamance, avec une série d’attaques et de harcèlement des rebelles contre des positions de l’armée régulière du Sénégal. Ces opérations ont, depuis décembre 2010, coûté la vie à quinzaine de soldats sénégalais. Selon diverses sources concordantes, les combattants du MFDC ont reçu du matériel de guerre de l’Iran, via la Gambie. Fin octobre dernier, une cargaison d’armes en provenance d’Iran et destinée à la Gambie a été interceptée au Nigeria. L’ONU mène une enquête pour déterminer la destination finale des armes.
Le 22 février, le gouvernement sénégalais s’est basé sur un rapport de l’Etat major de son armée pour rompre ses relations diplomatiques avec l’Iran. Dans un communiqué, les autorités sénégalaises ont indiqué que selon ce rapport militaire, les rebelles du MFDC «disposent d’armes sophistiquées qui ont causé la mort de soldats sénégalais». Lors d’une audience que le président Abdoulaye Wade a accordée le 19 janvier dernier au ministre iranien des Affaires étrangère, celui-ci a indiqué que son pays a fourni «d’importants lots d’armes à la Gambie». Or, les douilles des balles retrouvées sur les lieux d’attaques des rebelles du MFDC sont d’origine iranienne. Ces éléments suffisent au gouvernement Sénégal pour accuser l’Iran d’armer les indépendantistes casamançais.
Dans son message de Noël, le cardinal Théodore Adrien Sarr avait lancé «un appel solennel» au président Abdoulaye Wade et à tous les membres de son gouvernement, en leur demandant de créer les conditions de la paix en Casamance. Aux rebelles, il avait déploré la persistance de la guerre qui dure depuis trois décennies. Il s’est également adressé aux rebelles du MFDC en ces termes: «les filles et fils de la Casamance sont fatigués et ne veulent que la paix aujourd’hui». (apic/ibc/bb)
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