Il faut prendre «à cœur» le problème

Libye: Les pays qui respectent les droits fondamentaux doivent accueillir les érythréens réfugiés à Tripoli

Tripoli, 2 mars 2011 (Apic) «Aidez-nous à faire sortir de Libye les réfugiés érythréens!» a déclaré Mgr Giovanni Innocenzo Martinelli, vicaire apostolique de Tripoli, en Libye. Le haut prélat a lancé un appel en faveur des quelques 2’000 réfugiés érythréens qui se trouvent dans la capitale, rapporte l’agence missionnaire Fides, le 2 mars 2011.

Selon Mgr Martinelli, les 54 réfugiés érythréens qui possèdent des documents en règle partiront d’ici une semaine. C’est ce que lui ont promis les autorités italiennes. «Ces 54 personnes ont de la chance, parce qu’elles disposent des documents qui leur permettent de partir, mais qu’en sera-t-il de tous les autres? Je ne sais si l’Italie ne pourrait pas faire un effort supplémentaire, en accueillant une autre centaine d’Erythréens pour éventuellement les placer ailleurs en Europe», a déclaré le vicaire apostolique. Et de préciser que les quelque 2’000 réfugiés érythréens présents à Tripoli vivent dans les maisons de familles libyennes, qui les accueillent malgré les difficultés.

«En tant qu’Eglise, nous cherchons à payer les loyers. Mais il existe des problèmes au plan sanitaire. Il y a en particulier des mamans avec des enfants en très bas âge, qui ont besoin de lait et de soins médicaux. Une religieuse s’occupe de ces questions. J’espère que la sensibilité de l’opinion publique sera grande face au problème de ces personnes, qui n’ont aucun point d’appui à part l’Eglise. J’espère que d’autres pays, outre l’Italie, prendront à cœur le problème (…)», a-t-il ajouté.

Situation honteuse

En outre, le haut prélat a indiqué que l’UNHCR (le Haut Commissariat de l’ONU pour les Réfugiés) a fermé son bureau de Tripoli. «La situation est honteuse vis-à-vis de ces personnes, qui n’ont aucun document prouvant leur identité. Mais où sont les droits de l’Homme? Comment peut-on déclarer respecter les droits humains lorsque nous les foulons aux pieds? Je comprends que l’on ne puisse accueillir tous ceux qui veulent venir en Europe, mais accueillons au moins ceux qui sont les plus touchés par les adversités», s’est insurgé Mgr Martinelli.

Toujours selon le vicaire apostolique, Tripoli est calme, mais la situation est différente en dehors de la capitale. «A Tripoli, la vie est presque revenue à la normalité: des postes et des banques sont ouvertes. Les citoyens s’y rendent pour retirer les 500 dinars promis par le gouvernement», a raconté le haut prélat. (apic/fides/lm/nd)

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