114 films seront montrés au public à Fribourg
Fribourg, 2 mars 2011 (Apic) Pour sa 25e édition, le Festival International de Films de Fribourg (FIFF), qui se déroule dans la cité des Zähringen du 19 au 26 mars 2011, attend une nouvelle fois près de 30’000 spectateurs. Au programme de l’édition 2011, douze longs métrages sont en compétition pour le Grand Prix du FIFF, le Regard d’Or, doté d’un montant de 30’000 CHF par l’Etat de Fribourg (20’000 CHF) et la Ville de Fribourg (10’000 CHF).
2011 est, pour le FIFF, une année très particulière, a souligné mercredi 2 mars sa présidente, l’ancienne conseillère d’Etat fribourgeoise Ruth Lüthi: le FIFF fête un jubilé avec sa 25e édition, et c’est celle également qui voit le départ de son directeur, le critique cinématographique français Edouard Waintrop, en poste depuis 2007. La présidente a souligné au cours d’une conférence de presse à l’Ancienne Gare de Fribourg – siège du FIFF -, que le budget de cette année se monte à quelque 1,7 million de francs. Il se maintient à un niveau constant depuis quelques années.
Les sponsors habituels sont toujours là – Loterie romande, Confédération suisse (par le biais de la Direction du développement et de la coopération DDC et de l’Office fédéral de la culture OFC), Agglo, Etat et Ville de Fribourg, ainsi que des privés comme le Pourcent culturel de la Migros, et des partenaires médias: Publicitas, la Radio suisse romande la 1ère, la Télévision suisse romande, TV5 Monde, sans oublier «La Liberté». Pour cette 25e édition, le quotidien romand dote le Prix du Public (5’000 CHF).
Pour le FIFF, a souligné la présidente, la collaboration avec «La Liberté» est le moyen d’affirmer fortement son ancrage local tout en touchant un public plus large, au-delà des frontières cantonales. Ce journal, lu par plus de 100’000 personnes en Suisse romande, l’est également en Suisse alémanique. A ce propos, le FIFF cherche toujours à étendre son audience en Suisse alémanique, et présente pour ce faire un film en avant-première à Berne le 15 mars. Ruth Lüthi a confié à l’Apic qu’elle poursuit sa recherche d’un important sponsor privé, regrettant le peu d’empressement des grandes entreprises implantées dans les grands centres.
«Nous voulons dépasser l’image compassée de festival de films du Sud et donner plus de punch au FIFF… C’est la philosophie de l’équipe qui a monté cette édition», lâche pour sa part Edouard Waintrop, directeur en partance du FIFF. Fidèle à son leitmotiv depuis son arrivée à Fribourg, le Français estime que le concept «cinéma du Sud» est une «approximation qui date de l’époque de la fin de la guerre froide. Un mot qui remplaçait, avec une certaine hypocrisie, ce que l’on appelait le cinéma du tiers monde. Et qui recouvrait souvent des films ennuyeux».
Aujourd’hui, lance-t-il, «le FIFF est un Festival qui fait simplement la part belle aux cinématographies que l’on pourrait qualifier de lointaines, aux bons films qui ont des difficultés à atteindre les écrans suisses. Car au niveau de la distribution, la situation a à peine changé. Le Brésil a beau appartenir aujourd’hui au club des pays les plus huppés, la Chine être la deuxième puissance mondiale, les films de ces pays, quels que soient leurs genres, ont encore du mal à atterrir sur nos écrans».
Déplorant que cette année encore l’Afrique noire brille par son absence, le directeur a présenté la palette des 114 films qui seront montrés au public à Fribourg. Il y a parmi eux de nombreuses premières, venant d’Amérique latine, d’Asie ou du Moyen-Orient. Tous les films en compétition internationale sont des premières suisses, avec même, en première européenne, le film iranien de Mohsen Abdolvahab, «Please Don’t Disturb». «Même si l’Iran emprisonne toujours des cinéastes, a relevé Edouard Waintrop, il y a toujours en Iran des films qui ne sont pas dans la ligne du pouvoir!»
Le FIFF présentera également des films qui ont défrayé la chronique dans leur pays, comme «Aftershock», de Feng Xiaogang (Chine), ou «Miss Tacuarembó» (Uruguay), une comédie musicale de Martin Sastre, tous deux des succès de box-office nationaux.
Le FIFF célèbre un jubilé cette année, et pour Edouard Waintrop, «cela mérite une fête. Nous allons la faire. D’abord avec de la musique noire et africaine, des documentaires ou des fictions, qui chantent les rythmes qui sont nés sur le continent africain, avant d’émigrer vers l’Amérique latine ou les Etats-Unis. Comme il y a plus d’une façon de réjouir le spectateur, nous consacrons un panorama au cinéma géorgien, qui fleurait déjà bon la liberté sous le régime soviétique avant de connaître des mues spectaculaires».
Le FIFF a aussi voulu rendre hommage à la grande productrice argentine Lita Stantic, qui a guidé la nouvelle vague argentine qui submergea les écrans dans les années 1990-2000. «Question nouvelle vague, nous nous intéresserons aussi à la jeune génération de cinéastes et de producteurs malaisiens de la compagnie Da Huang, qui mêlent talent, attention aux nouveaux médias et souci d’économie».
Le FIFF va cette année, comme il le fait depuis 2008, montrer des films policiers. «Dans ce genre, essentiellement masculin, nous avons sélectionné quelques titres venant du monde entier, dont les héros sont des héroïnes». L’année passée a été marquée, entre autres, par la sortie du film sur le terroriste Carlos, que le français Olivier Assayas a réalisé pour une chaîne de télévision. Le FIFF va le montrer, avec d’autres films «tous très forts», qui font un portrait fouillé de terroristes. «Nous célèbrerons aussi à notre manière, avec des films, le 50e anniversaire de la DDC, la Direction du développement et de la coopération de la Confédération, qui nous aide chaque année à financer le FIFF».
Sept panoramas, trois programmes de courts métrages et des séances spéciales, dont le film «Tinguely» de Thomas Thümena, en première mondiale, seront présentés au public. Le FIFF se devait de rendre hommage au sculpteur fribourgeois Jean Tinguely (1925-1991), «artiste contemporain, dadaïste dans l’âme et génie de la récupération», a insisté Edouard Waintrop. Des débats, des rencontres et des «masterclasses» pour le public et les professionnels rythmeront la semaine du festival. La cérémonie d’ouverture du samedi 19 mars, à 19h30, se déroulera en présence de la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga.
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