Des milliards de gains pour la FIFA et des montagnes de dettes pour l’Afrique du Sud
Lausanne, 7 mars 2011 (Apic) L’œuvre suisse d’entraide ouvrière (OSEO) exige de la «Fédération international de football association» (FIFA) qu’elle se comporte comme une organisation «d’utilité publique». Elle s’exprime dans un communiqué du 7 mars 2011, à la suite de la publication du rapport financier 2010 de la FIFA.
Des milliards de gains pour la FIFA, des millions de bonus pour Sepp Blatter, et des montagnes de dettes pour l’Afrique du Sud. Jamais la FIFA n’a gagné autant d’argent que lors du Mondial sud-africain. C’est ce qui ressort du bilan financier de la dernière Coupe du monde 2010.
Dans un pays où 40% de la population vit dans une pauvreté absolue, la FIFA a réalisé un gain de 2,35 milliards de francs, ce qui est supérieur de 20% aux gains engrangés lors du Mondial 2006 en Allemagne, rapporte le communiqué.
La FIFA a obtenu du gouvernement sud-africain, suite à de très fortes pressions, que ses gains soient exemptés de tout impôt. Aujourd’hui, l’Afrique du Sud se retrouve avec un trou financier de près de trois milliards de francs. Les collectivités publiques doivent couper dans des programmes sociaux, alors que les besoins de la population, en matière notamment de logement et d’éducation, sont immenses.
En sa qualité d’organisation «d’utilité publique», la FIFA – dont le siège est à Zurich (Suisse) – est exemptée d’impôts. Selon l’OSEO, une activité d’utilité publique doit apporter une contribution positive à la société. L’œuvre d’entraide suisse doute que la FIFA en soit consciente. Les sommes affectées aux projets sociaux de développement de la FIFA représentent seulement 6,4% des gains réalisés lors du Mondial sud-africain. De plus, Sepp Blatter et les top-managers de la FIFA se sont octroyés un bonus de 50 millions de francs, annonce l’OSEO.
L’œuvre suisse d’entraide exige que les gains de la FIFA soient soumis à l’impôt. Ce d’autant plus que les trois prochains Mondiaux se disputeront dans des pays émergents et/ou marqués par de très fortes inégalités sociales (Brésil, Russie et Qatar). Elle exige également que la FIFA s’engage, en sa qualité d’organisation d’utilité publique, pour le respect des droits humains lors de Coupes du monde de football. Dans ce domaine, elle n’a pour l’instant rien entrepris, précise le communiqué. (apic/oseo/com/ggc)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse