Rome: Morceaux choisis de «Jésus de Nazareth»
Rome, 10 mars 2011 (Apic) Le deuxième volume du Jésus de Nazareth par Benoît XVI, sorti le 10 mars 2011, entend étudier la figure historique du Christ et son message sur le plan théologique. Près de quatre ans après un premier tome qui portait sur la vie de Jésus, depuis son baptême jusqu’à la Transfiguration, cet ouvrage de près de 350 pages est consacré à la mort et à la résurrection du Christ.
Au-delà du débat théologique, l’ouvrage aborde quelques thèmes d’actualité. Ainsi, le pape rejette toute violence au nom de Dieu, apporte des clarifications concernant la responsabilité des juifs dans la condamnation à mort de Jésus, explique l’importance de l’unité des chrétiens ou confie que la «barque de l’Eglise» n’est pas en train de sombrer.
Ainsi, dans le chapitre 7, au sujet des juifs, Benoît XVI déclare: «Qui étaient précisément les accusateurs ? Qui a insisté pour que Jésus soit condamné à mort ? (…) Selon Jean, ce sont simplement les ’Juifs’. Mais cette expression chez Jean – comme le lecteur moderne serait tenté de l’interpréter – n’indique en aucune manière le peuple d’Israël comme tel, et elle a encore moins un caractère ’raciste’. En définitive, Jean lui-même, pour ce qui est de la nationalité, était un Israélite, tout comme Jésus et tous les siens. La Communauté primitive tout entière était composée d’Israélites».
«On dit souvent que les Evangiles, en raison d’une tendance favorable aux Romains pour des motifs politiques, l’auraient (Ponce Pilate, ndlr) présenté de manière toujours plus positive, en jetant progressivement sur les Juifs la responsabilité de la mort de Jésus. En fait, il n’y avait aucune raison qui permette de soutenir cette tendance dans la situation historique des évangélistes».
Dans le chapitre 1, le pape s’exprime sur les rapports entre violence et religion: «Les conséquences terribles d’une violence motivée religieusement sont de façon radicale devant nos yeux à tous. La violence n’instaure pas le royaume de Dieu, le royaume de l’humanité. C’est, au contraire, l’instrument préféré de l’Antéchrist – même avec une motivation religieuse idéaliste. Elle ne sert pas à l’humanité, mais à l’inhumanité».
Sur l’œcuménisme, il ajoute en chapitre 4: «L’unité doit apparaître, être reconnaissable, et reconnaissable précisément comme quelque chose qui n’existe nulle part ailleurs dans le monde ; quelque chose qui n’est pas explicable selon les seules forces humaines et qui rend donc visible l’action d’une autre force. Par l’unité, humainement inexplicable, des disciples de Jésus à travers tous les temps, Jésus lui-même est légitimé».
Et de souligner, dans l’épilogue: «Aujourd’hui aussi la barque de l’Eglise, avec le vent contraire de l’histoire, navigue à travers l’océan agité du temps. Souvent on a l’impression qu’elle va sombrer. Mais le Seigneur est présent et vient au moment opportun».
Dans le chapitre 7, le Saint Père aborde également la question de la vérité: «Qu’est-ce que la vérité ? C’est la question que se pose aussi la doctrine moderne de l’Etat : est-ce que la politique peut prendre la vérité comme catégorie pour sa structure ? Ou bien faut-il laisser la vérité, comme dimension inaccessible, à la subjectivité et s’efforcer au contraire de réussir à établir la paix et la justice avec les instruments disponibles dans le domaine du pouvoir ? Etant donné l’impossibilité d’un consensus sur la vérité et en s’appuyant sur elle, la politique ne se fait-elle pas l’instrument de certaines traditions qui, en réalité, ne sont que des formes de conservation du pouvoir ? (…) N’est-il pas vrai que les grandes dictatures se sont maintenues par la force du mensonge idéologique et que c’est la vérité seule qui a pu apporter la libération ?»
«Qu’est-ce que la vérité ? Cette question, comme étant sans réponse et impossible pour sa tâche, n’a pas été mise de côté uniquement par Pilate. De nos jours aussi, dans le débat politique tout comme dans la discussion à propos de la formation du droit, on éprouve en général une certaine difficulté à son égard. Mais sans la vérité, l’homme ne peut saisir le sens de sa vie ; il laisse alors le champ libre aux plus forts».
Pour Benoît XVI, dans le chapitre 1, «Jésus ne vient pas comme destructeur ; il ne vient pas avec l’épée du révolutionnaire. Il vient avec le don de la guérison».
Au sujet de la pureté, il écrit en chapitre 3: «La dévotion du 19e siècle a de nouveau rendu unilatéral le concept de la pureté, la réduisant toujours plus à la question de l’ordre dans le domaine de la sexualité, la contaminant ainsi de nouveau par le soupçon à l’égard de la sphère matérielle du corps».
«Si, habituellement, une chose impure contamine par contact et souille ce qui est pur, nous avons ici le contraire : là où le monde avec toute son injustice et toutes les cruautés qui le souillent, entre en contact avec l’immensément Pur – là, lui le Pur, se révèle en même temps le plus fort. En ce contact, la souillure du monde est réellement absorbée, annulée, transformée à travers la douleur de l’amour infini».
Et d’affirmer, en chapitre 9, sur la résurrection que «Jésus n’est pas quelqu’un qui est revenu à la vie biologique ordinaire et qui par la suite, selon les lois de la biologie, devait un jour ou l’autre mourir de nouveau. Jésus n’est pas un fantôme (un ’esprit’). Cela veut dire qu’il n’est pas quelqu’un qui, en réalité, appartient au monde des morts, même s’il lui est possible de se manifester de quelque manière dans le monde de la vie».
Dans l’épilogue, le pape rappelle que «Le Christ auprès du Père n’est pas loin de nous, c’est plutôt nous, qui sommes loin de lui ; mais le chemin entre lui et nous demeure ouvert. Ce n’est pas un parcours de caractère cosmique et géographique dont il s’agit ici, mais c’est la ’navigation spatiale’ du cœur qui conduit de la dimension du repliement sur soi à la dimension nouvelle de l’amour divin qui embrasse l’univers».
Puis en chapitre 3, au sujet du martyre: «Le martyre n’est pas un exploit héroïque, mais bien un don gratuit qui rend capable de souffrir pour Jésus».
Et enfin, toujours dans le même chapitre, sur la confession: «La faute ne doit pas continuer à suppurer dans l’âme de manière cachée, l’empoisonnant ainsi de l’intérieur. Elle a besoin de la confession. Par le moyen de la confession, nous la mettons à la lumière, nous l’exposons à l’amour purificateur du Christ. Dans la confession, le Seigneur lave sans cesse de nouveau nos pieds sales et il nous prépare à la communion conviviale avec lui». (apic/imedia/lb/amc)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse