Rome: «Jésus de Nazareth», ouvrage d’un pape théologien
Rome, 10 mars 2011 (Apic) «Jésus de Nazareth. De l’entrée à Jérusalem à la Résurrection» est le deuxième tome d’un travail théologique signé à la fois Joseph Ratzinger et Benoît XVI. Publié il y a quatre ans, en avril 2007, le premier tome consacré à la vie du Christ depuis son baptême jusqu’à la Transfiguration, portait déjà une double signature. Le théologien allemand, devenu archevêque puis préfet de congrégation romaine et pape, expliquait alors que son travail n’était pas un document magistériel mais un «cheminement personnel intérieur à la recherche du visage de Dieu».
Dans ce deuxième tome, le pape théologien se consacre cette fois-ci aux dernières heures de la vie terrestre du Christ, de son entrée dans la ville de Jérusalem pour sa dernière Cène avec ses disciples, jusqu’à sa mort sur la croix, sa résurrection et son ascension.
Oscillant entre le «je» et le «nous», Benoît XVI déroule les Evangiles et met la Bible au centre de la théologie, présentant dans le même temps la figure du Christ et son message. Comme il l’indique dans un avant-propos, le pape tente de «développer un regard sur le Jésus des Evangiles et une écoute de ce qu’il nous dit susceptible de devenir rencontre et de parvenir aussi à la certitude de la figure vraiment historique de Jésus».
En ouverture du livre, Benoît XVI confie encore qu’il souhaite, avec son travail, être utile à tous ceux qui désirent «rencontrer Jésus et croire en Lui». Mais son avant-propos, dans lequel il cite pas moins de huit théologiens allemands, catholiques ou protestants, traduit aussi la motivation personnelle d’un tel ouvrage.
Joseph Ratzinger ne s’en est jamais caché. Il souhaitait, ayant atteint l’âge de la retraite en 2002, rentrer en Allemagne et se consacrer à l’écriture d’ouvrages théologiques. Mais Jean-Paul II, puis les cardinaux réunis en conclave à sa mort en 2005, en ont décidé autrement. Qu’à cela ne tienne, le pape théologien, aujourd’hui bientôt âgé de 84 ans, a consacré de longues heures de calme, dans sa résidence estivale de Castel Gandolfo ou dans son bureau du Palais apostolique au Vatican, à rédiger un opus qu’il avait déjà entamé deux ans avant de monter sur le trône de Pierre.
On imagine ainsi aisément le pape-professeur, installé au milieu des bibliothèques remplies de livres qui le suivent depuis le milieu des années 1950, ses lunettes au bout du nez, passant d’un ouvrage à l’autre et griffonnant plusieurs idées au crayon à papier. Avec cette œuvre très personnelle, dans laquelle il annonce un troisième volume sur l’enfance de Jésus, Joseph Ratzinger n’a donc pas voulu dispenser «un enseignement officiel», mais «participer aux confrontations théologiques» comme il l’affirmait dans «Lumière du monde», un livre d’entretiens réalisé avec Peter Seewald.
De ce livre écrit d’abord par un théologien pour d’autres théologiens, le grand public retiendra quelques rares passages relayés par les médias, comme celui où Benoît XVI fustige une nouvelle fois la violence au nom de Dieu, et son caractère inhumain. D’autres retiendront que le Christ n’est pas venu sur terre comme «un révolutionnaire» ou que s’il est ressuscité il n’est pas pour autant «un fantôme». Publié à dessein avec un peu d’avance pour ne pas masquer la sortie officielle du livre, un autre passage a déjà fait parler de lui : celui où le pape réaffirme que le peuple juif n’est pas responsable de la mort de Jésus. Toujours est-il que ce livre complexe mais éclairant, signé par le pape, a été tiré dans un premier temps à 1,2 million d’exemplaires à travers le monde. (apic/imedia/ami/amc)
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