Rome: Le Père François-Marie Léthel, prédicateur des exercices spirituels de Carême de la curie

Remettre la sainteté au centre de tout

Rome, 10 mars 2011 (Apic) C’est un religieux carme et théologien français, le Père François-Marie Léthel, qui prêchera les exercices spirituels de Carême de la curie romaine, au Vatican, du 13 au 19 mars 2011. Cet homme plutôt discret et très souriant interviendra plusieurs fois par jour devant le pape et les responsables de la curie sur le thème « La lumière du Christ dans le cœur de l’Eglise – Jean-Paul II et la théologie des saints ».

Professeur à l’Université romaine du Teresianum, dirigée par les pères carmes, et secrétaire de l’Académie pontificale de théologie, le père Léthel a collaboré au fil des années avec Joseph Ratzinger comme avec Jean-Paul II. Il explique pourquoi une partie de sa prédication sera centrée sur la figure du pape polonais, prochainement béatifié.

Imedia: Pouvez-vous commencer par présenter votre parcours personnel ?

Père François-Marie Léthel: Je suis né dans une famille d’Huguenots, avec un oncle pasteur et des parents tous deux convertis du protestantisme, dont une mère très religieuse. Ma vie est absolument marquée par les trois Docteurs de l’Eglise qui déterminent l’ordre des Carmes : saint Jean de la Croix, sainte Thérèse d’Avila et sainte Thérèse de Lisieux. Ainsi, à 18 ans, j’ai lu leurs écrits. A l’origine de ma vocation au Carmel, il y a vraiment le contact avec cette grande spiritualité, ces grands auteurs. Cette « théologie des saints » est bien la source de ma vocation.

Je suis entré chez les Carmes en 1967 dans la province de Paris, à l’âge de 19 ans, et j’ai fait ma profession religieuse en 1968 ! Ainsi, je me suis trouvé tout de suite au milieu des grandes difficultés, une époque à la fois passionnante et difficile. C’est dans ces années à la fois difficiles et intéressantes que j’ai pris une option fondamentale pour la théologie des saints, aussi bien saint Thomas d’Aquin que Catherine de Sienne ou Jeanne d’Arc, dont j’aurais l’occasion de parler pendant la retraite à la curie romaine. Ces saints avaient leurs limites, mais ils n’étaient pas guidés par un intérêt humain ou par une carrière, par une idéologie. Ils étaient toujours guidés par l’amour du Seigneur, de l’Evangile et de son Eglise.

C’est en 1978 que j’ai eu mon premier contact avec le cardinal Ratzinger, alors cardinal archevêque de Munich, qui s’est intéressé à mon travail sur Maxime le confesseur et la théologie de l’agonie du Christ. Nommé à Rome en 1982, je n’ai terminé mon doctorat sur la théologie des saints qu’en 1988, à Fribourg, sous la direction du Père Schönborn (actuel archevêque de Vienne, ndlr).

Imedia: Le thème de la théologie des saints s’est-il imposé de lui-même pour cette retraite de la curie romaine ?

Père François-Marie Léthel: Mi-janvier, le cardinal Bertone m’a téléphoné pour me dire que Benoît XVI m’avait choisi. Je ne m’y attendais absolument pas, cela a été une très grande surprise ! J’y ai vu, pour moi, un acte d’obéissance et de confiance. Il m’a laissé entièrement libre du choix du thème, alors je suis allé passer un après-midi en prière au sanctuaire romain de la « Madonna del Divino Amore ».

Ce qui s›est imposé à moi, c’est que cette retraite pour le pape et la curie romaine intervenait juste avant la béatification de Jean-Paul II, qui est un événement d’une importance immense pour l’Eglise et pour le monde entier, un événement à vivre en profondeur. J’ai alors compris que l’intention, l’orientation de cette retraite, allait être la préparation spirituelle pour vivre cet événement. J’ai beaucoup aimé Jean-Paul II, j’ai eu l’occasion de travailler pour lui sur Thérèse de Lisieux ou Louis-Marie de Montfort. Ces deux saints français ont sans doute eu le plus d’influence sur ma vie et ils seront bien présents au cours de la retraite, comme d’autres Français d’ailleurs.

Imedia: Quel est le fil rouge de cette retraite ? Qu’aimeriez-vous que la curie romaine en retienne ?

Père François-Marie Léthel: Il s’agit de remettre la sainteté au centre de tout, et je crois que c’est vraiment l’esprit de Vatican II. Jean-Paul II a d’ailleurs représenté la plus belle fidélité au Concile, avec une dimension christocentrique et mariale. Je vais re-proposer au pape, aux cardinaux, à la curie romaine, cette spiritualité christocentrique et mariale avec tout ce qu’elle comporte aussi d’appel à la sainteté, d’appel à la conversion. Jean-Paul II, d’ailleurs, n’a pas cessé de se convertir. Il était toujours en chemin, en état de conversion permanente. Sa béatification est à mes yeux un appel très grand à faire résonner de nouveau l’appel à la sainteté dans toutes les vocations, c’est pour ça que, dans le programme que j’ai préparé, il y aura aussi un bon nombre de laïcs et de femmes. (apic/imedia/ami/amc)

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