Rome: Le second «Jésus de Nazareth» du pape, une invitation au dialogue interreligieux
Rome, 11 mars 2011 (Apic) Le cardinal Marc Ouellet, préfet de la Congrégation pour les évêques considère que le second volume de «Jésus de Nazareth» de Benoît XVI inaugure une «nouvelle ère de l’exégèse théologique». Le haut prélat canadien s’exprimait l’occasion de la présentation à la presse de ce nouvel opus, paru le 10 mars 2011.
Au Vatican, devant la presse, Mgr Ouellet a déclaré que ce livre était une «grande invitation au dialogue sur l’essentiel du christianisme, dans un monde en recherche de repères». Pour le haut prélat, c’est un livre historique, une œuvre charnière entre deux âges, qui inaugure une nouvelle ère de l’exégèse théologique. Dans son livre, le pape estime en effet que l’interprétation historico-critique a fait son temps et se fait l’apôtre d’une exégèse biblique devenue discipline théologique.
Pour le cardinal Ouellet, ce livre exercera une médiation entre l’exégèse contemporaine et l’exégèse patristique, d’une part, de même que dans le dialogue nécessaire entre exégètes, théologiens et pasteurs, d’autre part.
Le haut prélat voit dans «Jésus de Nazareth» une grande invitation au dialogue sur l’essentiel du christianisme, «dans un monde en recherche de repères, où les différentes traditions religieuses peinent à transmettre aux nouvelles générations l’héritage de la sagesse religieuse de l’humanité».
«Dialogue, donc, à l’intérieur de l’Eglise, dialogue avec les autres confessions chrétiennes, dialogue avec les juifs, dont l’implication historique comme peuple dans la condamnation à mort de Jésus est exclue une fois de plus». Le cardinal estime toutefois que ce dialogue doit aussi avoir lieu avec d’autres traditions religieuses sur le sens de Dieu et de l’Homme, «qui émane de la figure de Jésus, si propice à la paix et à l’unité du genre humain». Ce livre est «extraordinairement œcuménique», a-t-il déclaré à la presse. «Le lien du christianisme avec le judaïsme apparaît renforcé par cette exégèse, qui s’enracine dans l’histoire d’Israël ressaisie dans son orientation vers le Christ».
«Comme théologien et comme pasteur, j’ai l’impression de vivre un moment historique d’une grande portée théologique et pastorale», a ajouté le cardinal. «C’est comme si, au milieu des flots qui agitent la barque de l’Eglise, Pierre avait de nouveau saisi la main du Seigneur venant à nous sur les eaux, pour nous sauver». Des paroles qui font écho ce qu’écrit Benoît XVI, dans l’épilogue de Jésus de Nazareth: «Aujourd’hui, aussi, la barque de l’Eglise, avec le vent contraire de l’histoire, navigue à travers l’océan agité du temps. Souvent on a l’impression qu’elle va sombrer. Mais le Seigneur est présent et vient au moment opportun».
Et le haut prélat d’ajouter: «Ce livre aura un effet libérateur pour stimuler l’amour des Ecritures saintes, pour encourager la ’lectio divina’ et pour aider les prêtres à prêcher la Parole de Dieu. C’est un témoignage émouvant, fascinant et libérateur».
Interrogé sur le fait que, dans son ouvrage, le pape s’oppose à la «théologie de la révolution et aux théologies politiques», le cardinal canadien a reconnu que le pape critiquait bien «certains exégètes», mais que l’ouvrage était «très pacifique et très ouvert».
De son côté, l’écrivain italien Claudio Magris a souligné la «force» de ce livre, qui va «au fond des questions essentielles concernant la figure de Jésus, mais aussi concernant notre vie en général». Ce spécialiste de la littérature allemande a estimé que ce deuxième ouvrage du pape sur Jésus possède une «force supérieure» au premier tome paru en 2007, probablement parce qu’il traite, cette fois-ci, de la passion, de la mort et de la résurrection du Christ. Il y a vu «une lecture anti-apocalyptique d’un Jésus qui n’annonce pas la fin du monde».
Le directeur de la Librairie éditrice vaticane, le Père Giuseppe Costa, a quant à lui souligné que les publications du pape avaient largement accru le travail éditorial de son institution, y compris au niveau international.
Le prélat canadien et l’écrivain italien se sont exprimés devant un très large parterre de journalistes, en présence des différents éditeurs du livre, mais aussi du secrétaire particulier de Benoît XVI, Mgr Georg Gänswein, et de la religieuse en charge des écrits du pape allemand à la Secrétairerie d’Etat, Ingrid Stampa. (apic/imedia/lb/ami)
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