Soudan: Les Eglises s’inquiètent des violences perpétrées dans le pays
Juba, 14 mars 2011 (Apic) Les dirigeants des Eglises soudanaises se sont réunis pour examiner la situation post-référendaire et discuter des défis futurs, les 10 et 11 mars 2011, à Juba, au Sud Soudan. Ils se sont engagés à «rester vigilant et à ne jamais garder le silence face à une injustice ou une violation des droits humains», dans une déclaration diffusée le 11 mars sur le site d’information «allAfrica».
Après s’être félicité du déroulement pacifique du référendum, les représentants religieux d’Eglises – membres ou non du Conseil des Eglises du Soudan (SCC) – regrettent «qu’en un temps où la paix devait enfin prévaloir, nous devions une fois encore condamner et rejeter dans les termes les plus forts toute forme de violence, causant la mort, la torture et le déplacement de masse de personnes innocentes.» Ils soulignent que la situation actuelle (voir encadré) résulte de la guerre: les problèmes anciens irrésolus, le profond traumatisme généré par le conflit et l’accès facilité aux armes. Et de s’engager «à augmenter immédiatement nos efforts pour soigner la nation, pour réconcilier le peuple et pour contribuer à une édification nationale pacifique et juste.»
Dans la déclaration signée par le révérend Ezekiel Kondo, président du SCC, ils affirment que le Nord et le Sud Soudan resteront, même après le 9 juillet – date de l’indépendance du Sud -, des Etats pluriels en terme de culture, d’ethnie et de religion. Selon les représentants religieux, les Constitutions des deux nouveaux pays doivent refléter cette réalité et les processus constitutionnels prendre en compte l’opinion de la population. C’est pourquoi ils désapprouvent l’utilisation de la charia comme source de la Constitution du Nord Soudan.
En conclusion, les représentants religieux s’engagent à «respecter et appliquer pleinement les valeurs et l’éthique qu’ils défendent, et à aider à établir les Constitutions qui reflèteront ces valeurs et cette éthique». Ils s’engagent également à «rester vigilant et à ne jamais garder le silence face à une injustice ou une violation des droits humains». (apic/ibc/amc)
Encadré:
Depuis le référendum de janvier 2011, le Soudan connaît une recrudescence des violences. Dans le Sud, le gouvernement fait face à une multiplication des attaques. L’Etat de Jonglei est en proie aux combats opposant armée sudiste et rebelles. Il en est de même dans l’Etat du Haut-Nil. Les victimes civiles se comptent par centaine et des milliers de personnes ont fuit les zones de conflit.
La région pétrolifère d’Abyei n’est pas épargnée par les heurts. Le 13 mars, 300 maisons ont été incendiées par les combattants. Le référendum pour l’autodétermination d’Abyei a été reporté à la dernière minute par les autorités de Khartoum. On ignore quand l’opportunité sera donnée à la population de se prononcer sur son avenir.
Déstabilisé, le gouvernement du Sud Soudan accuse Khartoum d’encourager les groupes rebelles. (apic/amc)
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