Lucerne: Le gouvernement demande pardon pour les violences perpétrées dans les foyers

Les sœurs d’Ingenbohl attendent le rapport de la commission d’experts

Lucerne, 17 mars 2011 (Apic) Le Conseil d’Etat lucernois a présenté le rapport intermédiaire sur les violences perpétrées dans les foyers pour enfants et adolescents. Il a présenté ses excuses aux victimes. Des établissements des Sœurs d’Ingenbohl sont également accusés d’avoir fait usage de pratiques inadaptées. Dans un communiqué diffusé le 17 mars 2011, les Sœurs annoncent que le rapport intermédiaire de la commission d’experts mandatée par leur ordre sortira en automne de cette année.

«Nous demandons pardon aux personnes concernées. Ce qui s’est passé ne doit pas se reproduire», a affirmé Guido Graf au nom du gouvernement lucernois. L’enquête menée par Markus Furrer doit éclairer le sombre passé des foyers pour enfants et adolescents du canton et dégager des enseignements pour l’avenir. L’historien, mandaté en 2010 par le Conseil d’Etat, a analysé la période entre les années trente et septante en prenant en compte les valeurs et pratiques éducatives de l’époque. Le Conseil d’Etat avait également mis en place un centre d’écoute pour les victimes.

Le système a échoué

Dans le rapport intermédiaire, Markus Furrer écrit «que le système des autorités des foyers et des instances de surveillances a échoué au complet». Des personnes isolées, mais également les autorités de l’époque, ont commis de grandes fautes. Les pratiques punitives «dépassaient dans de nombreux cas la limite acceptée à l’époque». Certains enfants ont subi des violences et des abus sexuels dans les foyers, événements qui les ont marqués psychiquement et physiquement.

Deux morts inexpliquées

Pour la commission d’experts indépendante, le rapport intermédiaire de Markus Furrer constitue une bonne base pour la poursuite des recherches. La commission déclare chercher le dialogue avec tous les acteurs, afin de renforcer la collaboration. Actuellement, elle tente d’éclaircir le cas de deux morts inexpliquées.

La commission tente de comprendre la situation passée dans toute sa complexité. Les conditions de travail des ordres religieux et la gestion du personnel, les témoignages des enfants – également positifs – seront analysés.

Il est nécessaire de demander pardon

Il ne fait aucun doute cependant que de graves fautes ont été commises. Ainsi, il est justifié de demander pardon, comme l’a fait le gouvernement lucernois – au nom des anciens gouvernements – et les Sœurs d’Ingenbohl dans leur prise de position du 3 mai.

La commission d’experts indépendante a été constituée en décembre 2010, sur mandat des Sœurs d’Ingenbohl. Les Sœurs attendent un rapport intermédiaire pour l’automne 2011. A l’occasion de la publication du rapport intermédiaire de Markus Furrer, elles répètent leur demande de pardon: «Les reproches de violences qui ont été fait aux Sœurs de notre communauté» ébranlent profondément les Sœurs, est-il écrit dans leur communiqué. Des actes qui ont révélé que «l’attitude de certaines de nos consoeurs était en violente contradiction avec l’idéal de notre ordre, notre model et nos directives.» (apic/com/gs/amc)

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