Brésil: La CNBB appelée en renfort pour défendre une loi contre la violence domestique

Les femmes brésiliennes victimes d’une culture machiste

Brasilia, 22 mars 2011 (Apic) Iriny Lopes, la Ministre brésilienne des Politiques en faveur des femmes, a demandé à la Conférence Episcopale brésilienne (CNBB) son appui pour défendre la loi «Maria da Penha». Ce texte, qui prévoit l’application de sanctions lourdes pour les auteurs de violences domestiques, est en effet menacé d’être «allégé» par les députés brésiliens.

«Aidez-moi à sauver la loi ’Maria da Penha’, qui protège les femmes contre la violence domestique et familiale dont elles sont victimes». Voici en substance la demande formulée lundi 21 mars par Iriny Lopes, la Ministre brésilienne des Politiques en faveur des femmes, aux membres du Conseil Episcopal Pastoral (Consep) de la Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB).

Les juges continuent à appliquer la loi antérieure à celle de 2006

Cette loi, votée en 2006, a notamment permis de renforcer l’arsenal juridique permettant de lutter avec plus de fermeté contre les menaces ou les faits de violence domestique, physique, sexuelle et psychologique dont sont victimes les femmes au Brésil. Un texte qui fait l’objet aujourd’hui d’une offensive de la part d’un groupe de parlementaires, déterminés à «alléger» les articles 16 et 41 prévoyant des sanctions exemplaires en cas de violences commises au sein du foyer.

«Nous sommes en face de faits très graves, a expliqué la Ministre. Car il est déjà fréquent que les juges continuent à appliquer la loi antérieure à celle de 2006, considérant que les crimes commis au sein du foyer sont ’d’un potentiel offensif moins grave’». La résistance dans l’application de cette loi est largement due à la culture machiste de ce pays et l’allègement des textes actuels serait donc une nouvelle manière de banaliser la violence domestique contre les femmes.

Cette préoccupation pousse donc Iriny Lopes à mobiliser le plus grand nombre possible d’acteurs autour de la défense de cette loi. En particulier le Ministère Public, les médias et les Eglises. «Compte tenu du respect dont jouit l’institution, l’appui de la CNBB est fondamental pour demander à tous et toutes de ne pas se taire et de défendre la loi ’Maria da Penha’», a rappelé la Ministre. Une requête entendue par le Conseil Episcopal Pastoral qui s’est engagé à défendre le texte de loi et à mobiliser ses fidèles. De quoi ravir tous ceux qui luttent contre la violence domestique. Un fléau qui touche 23% des femmes brésiliennes (soit environ 20 millions de personnes), d’après une étude réalisée en 2006 par la Société Mondiale de Victimologie, une ONG néerlandaise, auprès de 138’000 femmes de 54 pays. (apic/jcg/be)

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